La comptabilisation des ventes de livres

Cette semaine, mon collègue Mathieu Fortin (suivez-le sur Facebook, il est fantastique!) parlait du fait que le système de comptabilisation des ventes de livres est archaïque, et rêvait de chiffres en temps réel!

Comment ça marche?
Comme vous le savez sans doute, les auteurs sont payés selon le nombre de livres vendus dans l’année financière précédente, à raison de 10% du prix du livre pour chaque vente. La surprise, c’est que ce montant n’est pas calculé sur les ventes réelles, mais bien sur le nombre de livres placés en librairies. Et comme les libraires peuvent retourner les livres invendus après quelques mois sur les tablettes, chaque éditeur se donne le droit de retenir un pourcentage de l’argent dû pour se protéger contre un éventuel nombre trop élevé de retour. Ce pourcentage n’est pas régi par l’UNEQ et varie entre 20% et 50% si j’en crois mes contrats.

Exemple concret :
Imaginons une situation dans laquelle un de mes livres se vend 15$. Un an après sa sortie, 2000 exemplaires ont été placés en librairie. Selon le calcul classique, l’éditeur me devrait donc :

2000 X 15$ x 10% = 3000$.

Il peut toutefois me payer 1500$ et garder le reste en provision jusqu’au prochain paiement… qui sera habituellement versé une année plus tard.

La solution?
Je comprends financièrement les raisons d’être de ces provisions dans le système actuel, mais le système lui-même est-il encore d’actualité?

Tout est informatisé de nos jours, et la compagnie Gaspard compile déjà une forte proportion de ces ventes, ce qui prouve la faisabilité de la chose.

Ne serait-ce pas mieux pour tout le monde de payer les auteurs selon les ventes véritables? Et tant qu’à fonctionner en temps réel, de les payer à une fréquence plus raisonnable qu’une ou deux fois par année?

À quand une refonte de ce système?

Une jolie surprise cette semaine!

Il y a près de deux ans, je vous écrivais qu’une illustration utilisée pour accompagner un extrait de mon livre « La promesse du Fleuve » dans un cahier scolaire ne représentait pas fidèlement mes personnages tels qu’imaginés dans le texte original (billet ici pour les curieux!). L’illustrateur a sans doute seulement eu accès à l’extrait, dans lequel les personnages ne sont pas vraiment décrits.

Cette semaine, j’ai reçu un courriel de l’éditeur du cahier scolaire en question, qui m’informait avoir vu mon billet de blogue et me proposait de valider les nouvelles illustrations qui seront utilisées dans la prochaine édition du cahier!

Elles sont magnifiques et parfaitement fidèles!!!

J’espère bien pouvoir vous les montrer une fois que le projet sera assez avancé pour ne plus être sous embargo!

En attendant, j’ai le cœur plus léger de penser que mes personnages retrouveront leur véritable apparence et que les lecteurs pourront les découvrir tel que je les ai imaginés!

Le projet le plus créatif auquel j’ai participé!

La vie de pigiste est étrange. On travaille sur une œuvre, puis on n’en a aucune nouvelle durant des années. Parfois, l’œuvre en question réapparaît au moment où on s’y attend le moins.

C’est ce qui m’est arrivé avec le spectacle immersif « Le Carnaval des Animaux » de l’Arsenal à musique, le projet le plus créatif auquel j’ai participé.

J’y ai travaillé en 2023. Les créateurs avaient une musique (Le carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns) et des personnages (de magnifiques animaux hybridés avec des instruments de musique imaginés par l’illustrateur Pol Turgeon). Ils m’ont demandé de relier le tout à travers une histoire.

Une fois le contrat terminé, ils m’ont avoué n’avoir pas obtenu le financement désiré. J’ai été payée pour ma participation, puis je n’en ai plus entendu parler… jusqu’à la semaine dernière.

Une amie m’a raconté être allée au spectacle Amplifié de la salle Oasis. Je lui ai parlé du magnifique Carnaval des animaux et de ma déception suite à son échec. Surprise, elle m’a répondu :

—J’ai vu une annonce pour ce spectacle!

Une rapide vérification sur Internet m’a confirmé que c’était bien le même projet et qu’il était programmé pour fin février!!!

J’ignore si ma part du travail a été conservée. Avec le temps, il est possible que tout ait changé, mais peu importe! Les illustrations de Pol Turgeon et la vision artistique de l’équipe de l’Arsenal à musique vaudront certainement le déplacement!

Je suis ravie que ce projet ait pu se rendre jusqu’au public, il mérite toute votre attention!

Erreur ou poésie?

Dans une école cette semaine, une élève m’a prononcé cette phrase terrifiante au sujet du 2e Tome des Chroniques post-apocalyptiques : « madame, il y a une erreur dans votre livre. »

Le livre est sorti depuis plus de 5 ans, et c’était la première fois qu’on me le disait. Elle avait raison, en plus. Voici le passage

Page 40 :

Tout le monde est d’accord : l’expression est plutôt « Pour un oui, pour un non ». Que j’ai pu faire moi-même une telle faute ne m’étonne pas du tout; je ne suis pas douée en orthographe. Que l’éditeur et la réviseure aient laissé passer l’erreur tous les deux est un peu plus surprenant.

En y réfléchissant, une hypothèse m’est apparue : et s’ils avaient cru que j’ai fait exprès?

Les chroniques ont une écriture poétique, remplie de figures de style. Le fait que le paragraphe parle de « nom » et de « surnoms » rend la possibilité d’un jeu littéraire crédible.

Cette idée me fait voir l’erreur d’un autre œil et me laisse avec un grand dilemme : est-ce que je fais corriger la faute pour les prochaines impressions, ou est-ce que j’assume la poésie un peu malhabile de mon subconscient?

Que feriez-vous à ma place?

Une pierre à l’édifice

En animation dans la bibliothèque du collège Esther Blondin

J’ai une particulièrement grosse saison d’animations scolaires cet hiver-printemps. C’est quelque chose qu’il m’a fallu apprivoiser au début de ma carrière, mais j’y suis non seulement de plus en plus à l’aise, mais de plus en plus investie. Je deviens accros à cette relation qui se tisse avec les jeunes, même dans le court laps de temps pour lequel je les rencontre. Je suis fière de celui qui, après deux mauvaises réponses, en a enfin donné la bonne. Je me réjouis lorsqu’un plus timide ose enfin lever la main. Je discipline, aussi. J’ai appris, avec le temps, à « tenir une classe » comme disent les professeurs.

Parfois, lorsqu’un comportement ou une remarque vient heurter mes sensibilités, je fais une mini-intervention un peu plus sérieuse. Cette semaine, par exemple, j’ai fait une parenthèse pour tenter une prise de conscience après qu’un élève de 4e année se soit pensé cool de dire que « sadique », c’est une belle qualité.

J’en ressors toujours très satisfaite… j’ai l’impression d’avoir été utile, d’avoir fait une différence. Je ne suis pas dupe : je sais pertinemment que mon intervention ne changera pas à elle seule le comportement de ces jeunes. Par contre, elle ajoute une pierre à l’édifice de leur éducation.

D’autres adultes, professeurs, bibliothécaires, parents, coachs, mentors, ajouteront leurs pierres au fil du temps. C’est l’accumulation qui fera, à la longue, pencher la balance.

C’est un peu ce que veut dire le proverbe « ça prend un village pour élever un enfant ».

Je suis fière, avec mes livres et mes animations, de faire partie de ce village.

Extrait de ma nouvelle littéraire de sorcière!

Il est sorti un peu d’avance, prenant tout le monde par surprise, voilà donc le temps de vous parler de la nouvelle que j’ai écrite pour le collectif « Sorcellerie » paru la semaine dernière chez Héritage Jeunesse.

Bien que le titre soit « Comment Amélie Langlois-Lévesque ramena la magie sur Terre », le héros est un crapaud, puisque, comme je l’explique dans mon texte, « c’est ainsi depuis la nuit des temps dans les livres historiques : les auteurs préfèrent donner la gloire à ceux qui leur ressemblent. Et puis, un crapaud, comme héros, ce n’est pas sérieux ! Vous oseriez, vous, écrire une histoire de batracien à votre examen du Ministère ? »

Vous l’aurez compris, avec cette histoire, j’ai osé l’humour! C’est ce qui est bien avec les nouvelles littéraires : elles permettent de tester des choses! Je me suis également fait plaisir avec un narrateur omniscient, mais avec une personnalité très marquée. J’en rêvais depuis que j’avais lu Le funeste destin des  Baudelaire, une de mes séries jeunesse préférées.

Ça donne quelque chose comme ça (extrait):

« Tout a commencé près d’un parc où avaient lieu des lectures de contes pour les enfants du quartier. Dans le petit bois en pourtour, quelques crapauds tendaient l’oreille, cachés sous les feuilles mortes.

Vous me direz que les batraciens n’ont pas de pavillon externe à étirer pour mieux entendre les bruits ? Ils n’en écoutaient pas moins les histoires pour autant.

Parmi eux, le plus attentif était Côa-Le-Borgne. Il portait ce nom depuis qu’il avait perdu son oeil droit lors d’une rencontre avec une couleuvre. Comme ce handicap compliquait sa recherche de nourriture, il était si maigre que les autres habitants du boisé le traitaient de grenouille, ou, pire encore, de rainette.

Cette mise à l’écart l’avait rendu ambitieux. Il désirait prouver à tous qu’il était le plus crapaud de tous les crapauds du boisé. Est-ce que le degré de crapauditude se compare et se compte de manière mathématique, me demanderez-vous ? Peu importe, puisque c’était le ressenti de Côa-Le-Borgne et que ce sentiment le poussait à transformer les histoires entendues en grands rêves. Pendant que tous ses camarades espéraient être un jour embrassés par une princesse, Côa-Le-Borgne n’avait qu’une seule idée en tête : devenir l’animal de compagnie d’une sorcière. »

La prochaine fois, je vous parle de l’erreur qu’on a attrapée dès la première version (merci Louise-Catherine Bergeron)… et de celle qui s’est glissée juste avant l’impression (oups!).

Trois créatures à rencontrer dans le prochain Camp de jour!

Le deuxième tome de Camp de jour, soit Le cri du béhémoth, sort dans moins de deux semaines! J’en profite pour vous offrir, en primeur, quelques illustrations intérieures faites par Camille Maestracci et vous présenter par la même occasion trois des nouvelles créatures féériques que nos Joyeux Passagers rencontreront au cours de cette aventure!

Un sphinx
Celui-ci s’appelle Ahmosis et est président d’une compagnie pharmaceutique installée au treizième étage d’une tour de bureau de centre-ville. Ses employés sont tous des chats sans poils et il adore poser des énigmes, que j’ai dû inventer pour l’occasion!

Des salamandres à six pattesCapable de vivre dans les flammes, ce petit reptile est très utile en hiver! Il suffit d’en placer un près d’une source de chaleur pendant quelques heures pour ensuite l’utiliser comme chauffe-bottes ou chauffe-mitaines!

Des gremlinsPourquoi voler à prix d’or sur Air Canada lorsqu’on peut utiliser la ligne aérienne des gremlins, dans laquelle les vieux jouets électroniques sont acceptés en paiements! Les règles à bord sont strictes et les punitions sévères… mais pour le prix, c’est ce qu’on fait de mieux!

2026 : année de suites… et de déménagement!!!

Grosse année en vue pour moi et les miens! Si tout va bien, nous quitterons Montréal cet été pour  habiter la capitale nationale ! Notre chez-nous est en vente, nous avons commencé à visiter des maisons… c’est un projet en cours, même s’il n’est pas finalisé!

Je risque de vous en parler à plusieurs reprises dans les douze prochains mois, puisque je serai en mode « publicité » pour informer les professeurs de la région que je suis disponible pour des animations scolaires.

Au niveau professionnel, voici ce qui se passera en 2026 :

Publications :
Deux publications très très bientôt et peut-être deux autres à l’automne!

Le dernier est plus qu’incertain! Dison que si c’était un cheval de course, je ne miserais pas dessus! Ns vous inquiétez pas de l’absence du tome 2 de Paul Thibault, il est toujours prévu… juste retardé au printemps 2027. Il en vaudra la peine, croyez-moi!

Écriture :
Je m’y remets dès ce lundi, à raison de deux à trois jours par semaine, selon mes animations scolaires. Après deux semaines de vacances, j’ai plutôt hâte!

  • Camp de jour T3 : la cité des elfes, La Bagnole
  • Projet de roman gothique et allégorique* pour les 8-10 ans.
  • Possibilité de projets de séries ou films d’animation
  • Pétronille T8 ????

Le premier est en cours, avec déjà 15 000 mots au compteur sur un premier jet. Le second est une toute nouvelle idée qui me trotte en tête depuis deux semaines… après m’être plaint qu’il ne m’en restait plus en réserve! Les deux derniers sont purement spéculatifs!

Événements :
Le déménagement est le plus gros événement de mon année! En prévision, je risque d’être présente plusieurs jours au Salon International du livre de Québec! Un petit tour à celui de Trois Rivières, peut-être, aussi!

Souhaits pour l’année :
Mon plus grand souhait pour 2026 est de trouver une maison que j’aime dans ma nouvelle ville d’adoption! D’y être bien accueillie, aussi! Les animations constituent une part importante de mes revenus, et je ne peux qu’espérer que les professeurs de la région auront envie de m’inviter à partager ma passion pour l’écriture avec leurs élèves.

En espérant que l’année qui s’en vient nous permettra de nous rencontrer, d’échanger, de partager des moments réels autant que virtuels. Je vous souhaite à tous une année 2026 remplie des lectures passionnantes et bouleversantes!

 

* Gothallégorique? Allégothique? TimBurtonesque? Fantastico-mélancolique? J’ai des mois pour y penser!

Bilan 2025 : Une année de renouveau!

Dans mon billet des prédictions pour l’année, je me souhaitais des lecteurs… et mon souhait a été exaucé! Entre Camp de jour qui a reçu plus d’attention qu’un de mes livres n’en avait eu depuis les chroniques, Pétronille qui réussit à renouveler son lectorat, et les chroniques qui sont étudiées dans de plus en plus d’écoles, l’année 2025 m’a gâtée! J’ai même eu droit à cette consécration dont je rêvais depuis longtemps : ma première file d’attente derrière cordon dans un Salon du livre!

Dans un milieu qui offre des hauts et des bas, cette année, ma carrière va très bien! D’autant plus que j’ai signé avec un nouvel éditeur et que j’ai bon espoir que Continent-Stratus n’a pas fini son petit bonhomme de chemin… comme le prouve cette critique parue cette semaine.

Publications :
Exactement les trois publications prévues sont sorties, soit :

Les deux collectifs mentionnés dans mon billet de prédictions ne sont pas encore sur les tablettes, mais l’un des deux, Les nouvelles fantastiques : sorcellerie, est officiellement annoncé pour le tout début de l’année prochaine!

Écriture :
J’aurais pu écrire, en titre de ce billet, que c’était l’année de Camp de jour, puisqu’en plus de la publication du premier tome, j’ai écrit les deux suites! Bon… presque, puisque le tome 3 n’est pas terminé.

  • Camp de jour tome 2 : Le cri du béhémoth (La Bagnole)
  • Pétronille inc. T7 : Larmes de yéti non salées (Druide)
  • Camp de jour tome 3 : La cité des elfes (La Bagnole)

Dans mes prédictions 2025, j’avais écrit « on peut rêver » à côté de la possibilité d’écrire un septième tome de Pétronille…rêve aujourd’hui réalisé! Après avoir considéré arrêter la série, l’équipe de Druide a décidé d’y croire plus fort que jamais et de donner le feu vert à cette suite!

Autres projets :
J’ai aussi travaillé sur des projets d’animations et sur trois textes de pige, dont le projet Dis-moi dix mots dont il faudrait bien que je vous parle en détail un jour!

Ajoutez à ça mon calendrier d’animations qui est toujours aussi plein depuis trois ans, et on peut dire que je ne me suis pas ennuyée!

Rendez-vous en début 2026 pour voir ce qui m’attend pour le futur proche, et de joyeuses fêtes à vous tous en attendant!