
Comme tout le monde dans le milieu, l’actualité littéraire m’a fait vivre de joyeuses montagnes russes cette semaine. Après la certitude première de l’innocence de l’auteur, puis la panique de penser que je ne suis pas à l’abri de telles accusations si elles sont infondées, sont venus le doute qu’amènent les accusations de plagiat.
Finalement, je réalise la question de « est-ce qu’il l’a fait ou non? » est anecdotique. Le pauvre Thélyson Orélien se retrouve paratonnerre d’un grand changement qui met tout le monde mal à l’aise comme le dit si bien la chroniqueuse Émilie Nicolas du Devoir.
La première question : est-ce que l’intelligence artificielle est désormais (ou le sera bientôt) aussi bonne que l’humain en littérature, sinon meilleure? Vous m’auriez posé la même question il y a deux ans, et j’aurais affirmé avec confiance que c’était chose impossible. Considérant que « C’était ça ou mourir » est certainement dans les top 1% des choses qui se sont écrites cette année, mes certitudes s’écroulent et c’est hyper inconfortable! Pourquoi? Parce que ça remet en question notre supériorité en tant qu’humain et que, dans mon cas, ça remet en question mon utilité en tant qu’autrice. Je me sens comme un potier artisanal devant l’usine de vaisselle Ikea.
La deuxième question : un bon livre serait-il moins valable parce que l’intelligence artificielle a été utilisée? Quand on y pense, ça revient à la même question que celle qui fait débat depuis des décennies sur la séparation entre l’œuvre et son auteur. Ce n’est pas d’hier qu’on se demande « est-ce qu’une œuvre est à oublier parce que son auteur est pédophile? Antisémite? Transphobe? » Doit-on ajouter à la liste: « et si l’auteur est un robot*? »
Je n’offre pas de réponses ici ni à la première question ni à la deuxième. Mon mari, philosophe à ses heures, conclurait ici que nous vivons à une époque excitante. J’avoue que, de mon côté, tout ça me donne surtout envie de me cacher sous une couette avec un chapeau d’aluminium et une pancarte « c’était mieux avant »!
Quelqu’un veut me rejoindre dans mon bunker?
*Je sais, j’aurais dû écrire « algorithme » ou quelque chose du genre, mais je trouvais la phrase plus dramatique ainsi!




















