Hermann et le Soutermonde

J’ai appris cette semaine la mort du Bédéiste Hermann.

J’en ai été très attristée, car c’est un des bédéistes qui a marqué le parcours de mon imaginaire. Une de ses séries les moins connues, Nic, est probablement la plus proche de mes sensibilités habituelles. Elle plonge dans le monde onirique des rêves d’un jeune garçon. Je l’ai lu dans les recueils Spirou lorsque j’étais toute petite.

Mais de manière surprenante, ce sont deux séries westerns qui m’ont le plus inspiré! La première, Comanche, est une série classique de cow-boy. La seconde, Jeremiah, est plus post-apocalyptique, mais tout de même résolument ancrée dans les thèmes du Far Ouest.

Ces deux séries de Herman ont été les pierres angulaires de la formation de mes romans Le SoutermondeJe voulais donc lui rendre hommage ici! Merci, Hermann, pour les fantastiques histoires que tu nous as offertes. Elles continuent de vivre dans ma tête, dans mon cœur, et dans mes histoires aussi.

Nouveauté sur ma playlist de fin du monde!

Cette semaine, un élève m’a demandé pourquoi j’avais mis la chanson « Plus rien » des Cowboys Fringants dans le premier tome des Chroniques post-apocalyptiques. Je lui ai parlé de mon amour de la musique francophone et de mon désir de faire découvrir cette culture à mes lecteurs.

Ça m’a rappelé que j’avais monté, il y a deux ans, une liste de chansons en lien avec la fin du monde, pour les professeurs qui montent des projets autour de cette série. J’ai eu envie de vous la repartager…

(Elle est disponible sur Spotify à cette adresse: https://open.spotify.com/playlist/4RLggtcaCzdFcoz7x921q9?si=415e5de439da4296 !)

… et j’en ai profité pour y ajouter cette chanson de Sam Sauvage :

 

Bonne écoute!

Des sorcières au mois de mars!

Il y avait longtemps que je n’avais pas fait de lancement, et samedi, il faut l’avouer, j’ai été gâtée! Louise-Catherine Bergeron, Roxane Turcotte et l’équipe des éditions Héritage en ont organisé un pour notre collectif Sorcellerie à la librairie Monet!

Quelques points forts du lancement :

  • Il y avait un buffet de bonbons! L’initiative a été très populaire, tant auprès des petits que des grands!
  • Louise-Catherine avait préparé un questionnaire avec des jeux, que chaque enfant pouvait remplir pour gagner des prix! Roxane Turcotte a animé le tout, c’était génial! Mon jeu préféré : on lisait de très courts extraits des nouvelles et les participants devaient associer chaque extrait à son titre. Avec Sarah Degonse, a eu tout bon… en trichant à peine!
  • Passer quelques heures à la librairie Monet est toujours un plaisir! Pour son énorme inventaire jeunesse, et pour discuter avec ses libraires! J’ai regretté de ne pas être arrivée avec plus d’avance pour en profiter et bouquiner!
  • Et surtout, quel bonheur que de pouvoir échanger avec mes collègues autrices-sorcières! Les trois déjà mentionnées, auxquelles s’ajoutent Pierrette Dubé et Chantal Beauregard. C’est quand même fou les liens qui se tissent entre nous alors qu’on se voit, en fait, si peu souvent! On devrait créer plus d’événements pour se voir!

Un énorme merci aux organisateurs pour avoir tout planifié, à la librairie Monet pour nous avoir si bien reçus, et finalement à tous ceux (nombreux!!) qui se sont déplacés pour venir nous voir!

Vous me donnez presque envie d’organiser un lancement pour la sortie du 7e Pétronille Inc. à l’automne!

Presque.

Page couverture, étape préliminaire

Dans la série de billets « le livre étape par étape » je dis la chose suivante sur les pages couvertures :

« La véritable surprise est que l’auteur n’a pas beaucoup de contrôle sur la couverture. On peut partager notre vision, suggérer des illustrations, donner des noms d’illustrateurs… mais ce sont véritablement l’éditeur et le directeur artistique (quand il y en a un) qui dirigeront le travail de l’illustrateur et du graphiste. »

Si c’est une vérité théorique, la réalité sur le terrain diffère selon les éditeurs! Par exemple, cette semaine, j’ai reçu ces esquisses de Boum pour la couverture du Tome 7 de Pétronille:

Excitant, non?

Mon éditrice m’a listé ses préférées, je lui ai répondu avec les miennes et c’est ensemble qu’on a fait le choix!

Vous voulez savoir laquelle a été choisie? Vous devrez attendre le dévoilement de la couverture finale!

Vous pouvez essayer de deviner… mais avouons-le: il n’y a pas de mauvais choix! Chaque esquisse à ses mérites!

Paul Thibault dans la classe

En demandant à Google s’il y avait de nouvelles critiques de La légende de Paul Thibault, je suis tombée sur le site www.mieuxenseigner.ca dans lequel les professeurs partagent leurs idées et planification de projets scolaires.

On s’en doute, on y retrouve plusieurs activités autour des Chroniques Post-apocalyptiques, mais également un projet d’écriture autour des Nouvelles du futur, une fiche de ECR autour de De la Beauté, des défis d’écriture autour de La promesse du fleuve

… Et trois différents projets pour Paul Thibault!

J’y ajoute la suggestion suivante : une amie professeure (coucou Pascale), se déguise en bucheron et installe ses élèves autour d’un simili feu de camp fait de buches et de lumières de Noël clignotantes pour raconter les trois histoires. Les plus zélés y ajouteront des guimauves!

Alors, en attendant le deuxième Tome, Le printemps de Paul Thibault, qui ne sortira qu’en 2027, revêtez votre plus belle chemise carreautée et rassemblez vos élèves pour une heure de conte et légende haute en couleur!

La comptabilisation des ventes de livres

Cette semaine, mon collègue Mathieu Fortin (suivez-le sur Facebook, il est fantastique!) parlait du fait que le système de comptabilisation des ventes de livres est archaïque, et rêvait de chiffres en temps réel!

Comment ça marche?
Comme vous le savez sans doute, les auteurs sont payés selon le nombre de livres vendus dans l’année financière précédente, à raison de 10% du prix du livre pour chaque vente. La surprise, c’est que ce montant n’est pas calculé sur les ventes réelles, mais bien sur le nombre de livres placés en librairies. Et comme les libraires peuvent retourner les livres invendus après quelques mois sur les tablettes, chaque éditeur se donne le droit de retenir un pourcentage de l’argent dû pour se protéger contre un éventuel nombre trop élevé de retour. Ce pourcentage n’est pas régi par l’UNEQ et varie entre 20% et 50% si j’en crois mes contrats.

Exemple concret :
Imaginons une situation dans laquelle un de mes livres se vend 15$. Un an après sa sortie, 2000 exemplaires ont été placés en librairie. Selon le calcul classique, l’éditeur me devrait donc :

2000 X 15$ x 10% = 3000$.

Il peut toutefois me payer 1500$ et garder le reste en provision jusqu’au prochain paiement… qui sera habituellement versé une année plus tard.

La solution?
Je comprends financièrement les raisons d’être de ces provisions dans le système actuel, mais le système lui-même est-il encore d’actualité?

Tout est informatisé de nos jours, et la compagnie Gaspard compile déjà une forte proportion de ces ventes, ce qui prouve la faisabilité de la chose.

Ne serait-ce pas mieux pour tout le monde de payer les auteurs selon les ventes véritables? Et tant qu’à fonctionner en temps réel, de les payer à une fréquence plus raisonnable qu’une ou deux fois par année?

À quand une refonte de ce système?

Une jolie surprise cette semaine!

Il y a près de deux ans, je vous écrivais qu’une illustration utilisée pour accompagner un extrait de mon livre « La promesse du Fleuve » dans un cahier scolaire ne représentait pas fidèlement mes personnages tels qu’imaginés dans le texte original (billet ici pour les curieux!). L’illustrateur a sans doute seulement eu accès à l’extrait, dans lequel les personnages ne sont pas vraiment décrits.

Cette semaine, j’ai reçu un courriel de l’éditeur du cahier scolaire en question, qui m’informait avoir vu mon billet de blogue et me proposait de valider les nouvelles illustrations qui seront utilisées dans la prochaine édition du cahier!

Elles sont magnifiques et parfaitement fidèles!!!

J’espère bien pouvoir vous les montrer une fois que le projet sera assez avancé pour ne plus être sous embargo!

En attendant, j’ai le cœur plus léger de penser que mes personnages retrouveront leur véritable apparence et que les lecteurs pourront les découvrir tel que je les ai imaginés!

Le projet le plus créatif auquel j’ai participé!

La vie de pigiste est étrange. On travaille sur une œuvre, puis on n’en a aucune nouvelle durant des années. Parfois, l’œuvre en question réapparaît au moment où on s’y attend le moins.

C’est ce qui m’est arrivé avec le spectacle immersif « Le Carnaval des Animaux » de l’Arsenal à musique, le projet le plus créatif auquel j’ai participé.

J’y ai travaillé en 2023. Les créateurs avaient une musique (Le carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns) et des personnages (de magnifiques animaux hybridés avec des instruments de musique imaginés par l’illustrateur Pol Turgeon). Ils m’ont demandé de relier le tout à travers une histoire.

Une fois le contrat terminé, ils m’ont avoué n’avoir pas obtenu le financement désiré. J’ai été payée pour ma participation, puis je n’en ai plus entendu parler… jusqu’à la semaine dernière.

Une amie m’a raconté être allée au spectacle Amplifié de la salle Oasis. Je lui ai parlé du magnifique Carnaval des animaux et de ma déception suite à son échec. Surprise, elle m’a répondu :

—J’ai vu une annonce pour ce spectacle!

Une rapide vérification sur Internet m’a confirmé que c’était bien le même projet et qu’il était programmé pour fin février!!!

J’ignore si ma part du travail a été conservée. Avec le temps, il est possible que tout ait changé, mais peu importe! Les illustrations de Pol Turgeon et la vision artistique de l’équipe de l’Arsenal à musique vaudront certainement le déplacement!

Je suis ravie que ce projet ait pu se rendre jusqu’au public, il mérite toute votre attention!

Erreur ou poésie?

Dans une école cette semaine, une élève m’a prononcé cette phrase terrifiante au sujet du 2e Tome des Chroniques post-apocalyptiques : « madame, il y a une erreur dans votre livre. »

Le livre est sorti depuis plus de 5 ans, et c’était la première fois qu’on me le disait. Elle avait raison, en plus. Voici le passage

Page 40 :

Tout le monde est d’accord : l’expression est plutôt « Pour un oui, pour un non ». Que j’ai pu faire moi-même une telle faute ne m’étonne pas du tout; je ne suis pas douée en orthographe. Que l’éditeur et la réviseure aient laissé passer l’erreur tous les deux est un peu plus surprenant.

En y réfléchissant, une hypothèse m’est apparue : et s’ils avaient cru que j’ai fait exprès?

Les chroniques ont une écriture poétique, remplie de figures de style. Le fait que le paragraphe parle de « nom » et de « surnoms » rend la possibilité d’un jeu littéraire crédible.

Cette idée me fait voir l’erreur d’un autre œil et me laisse avec un grand dilemme : est-ce que je fais corriger la faute pour les prochaines impressions, ou est-ce que j’assume la poésie un peu malhabile de mon subconscient?

Que feriez-vous à ma place?

Une pierre à l’édifice

En animation dans la bibliothèque du collège Esther Blondin

J’ai une particulièrement grosse saison d’animations scolaires cet hiver-printemps. C’est quelque chose qu’il m’a fallu apprivoiser au début de ma carrière, mais j’y suis non seulement de plus en plus à l’aise, mais de plus en plus investie. Je deviens accros à cette relation qui se tisse avec les jeunes, même dans le court laps de temps pour lequel je les rencontre. Je suis fière de celui qui, après deux mauvaises réponses, en a enfin donné la bonne. Je me réjouis lorsqu’un plus timide ose enfin lever la main. Je discipline, aussi. J’ai appris, avec le temps, à « tenir une classe » comme disent les professeurs.

Parfois, lorsqu’un comportement ou une remarque vient heurter mes sensibilités, je fais une mini-intervention un peu plus sérieuse. Cette semaine, par exemple, j’ai fait une parenthèse pour tenter une prise de conscience après qu’un élève de 4e année se soit pensé cool de dire que « sadique », c’est une belle qualité.

J’en ressors toujours très satisfaite… j’ai l’impression d’avoir été utile, d’avoir fait une différence. Je ne suis pas dupe : je sais pertinemment que mon intervention ne changera pas à elle seule le comportement de ces jeunes. Par contre, elle ajoute une pierre à l’édifice de leur éducation.

D’autres adultes, professeurs, bibliothécaires, parents, coachs, mentors, ajouteront leurs pierres au fil du temps. C’est l’accumulation qui fera, à la longue, pencher la balance.

C’est un peu ce que veut dire le proverbe « ça prend un village pour élever un enfant ».

Je suis fière, avec mes livres et mes animations, de faire partie de ce village.