Une pierre à l’édifice

En animation dans la bibliothèque du collège Esther Blondin

J’ai une particulièrement grosse saison d’animations scolaires cet hiver-printemps. C’est quelque chose qu’il m’a fallu apprivoiser au début de ma carrière, mais j’y suis non seulement de plus en plus à l’aise, mais de plus en plus investie. Je deviens accros à cette relation qui se tisse avec les jeunes, même dans le court laps de temps pour lequel je les rencontre. Je suis fière de celui qui, après deux mauvaises réponses, en a enfin donné la bonne. Je me réjouis lorsqu’un plus timide ose enfin lever la main. Je discipline, aussi. J’ai appris, avec le temps, à « tenir une classe » comme disent les professeurs.

Parfois, lorsqu’un comportement ou une remarque vient heurter mes sensibilités, je fais une mini-intervention un peu plus sérieuse. Cette semaine, par exemple, j’ai fait une parenthèse pour tenter une prise de conscience après qu’un élève de 4e année se soit pensé cool de dire que « sadique », c’est une belle qualité.

J’en ressors toujours très satisfaite… j’ai l’impression d’avoir été utile, d’avoir fait une différence. Je ne suis pas dupe : je sais pertinemment que mon intervention ne changera pas à elle seule le comportement de ces jeunes. Par contre, elle ajoute une pierre à l’édifice de leur éducation.

D’autres adultes, professeurs, bibliothécaires, parents, coachs, mentors, ajouteront leurs pierres au fil du temps. C’est l’accumulation qui fera, à la longue, pencher la balance.

C’est un peu ce que veut dire le proverbe « ça prend un village pour élever un enfant ».

Je suis fière, avec mes livres et mes animations, de faire partie de ce village.

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