J’approche d’un premier jet pour les chroniques post-apocalyptiques d’une jeune entêtée, et je n’ai jamais écrit de manière aussi chaotique! D’habitude, mon écriture est linéaire, rigoureusement, presque à l’excès. Je fais un plan, et j’attaque les chapitres un par un, dans l’ordre de lecture, quels que soient le point de vue, la ligne narratrice, le lieu ou l’intrigue.
Pour les chroniques, c’est différent.
La première fois qu’une école secondaire m’a demandé de venir parler du tome 1 (ça me fait encore drôle d’y penser comme étant un tome 1!), je suis partie à la recherche de mon plan dans mes fichiers d’ordinateur. Je ne l’ai jamais trouvé! Je crois que je l’ai écrit sans plan. Sinon, je l’ai perdu.
Pour ce deuxième tome, j’en ai bien écrit un… mais je me retrouve avec des scènes qui m’obsèdent, et d’autres qui refusent de débloquer. J’écris donc ce qui veut bien sortir. J’ai commencé par toutes les scènes d’une première ligne narratrice, puis tous les flashbacks qui s’y rattachent, en intercalant. Lorsque je n’en avais plus le choix (puisqu’il ne restait plus qu’elle), j’ai réussi à attaquer la deuxième ligne narratrice… mais seulement en ordre inverse, en commençant par la fin et remontant dans le temps, une scène à la fois.
Si je me fie à mon expérience, ça voudra dire un long retravail dans lequel je déplacerai et redéplacerai sans fin des blocs de textes, jusqu’à ce que ces petits bouts écrits dans le désordre forment enfin un tout cohérent.
Alors qu’il ne me reste qu’une ou deux scènes à écrire, je ne sais pas si j’ai hâte, ou si je redoute, ma première relecture de tout ça!

Et voilà, la boucle est bouclée: presque onze mois après notre départ, nous sommes de retour sur le Plateau Mont-Royal, notre point de départ, dans un nouvel appartement. Le déménagement a été épique, puisqu’il fallait ramener tous nos meubles et autres biens en entreposage en plus de quitter et vider le AirBNB que nous occupions depuis notre arrivée au Québec en mai. C’est d’ailleurs encore loin d’être terminé: il y a des boîtes partout, et il manque encore les boîtes de ce que nous avions en France, et qui arriveront par bateau quelque part au mois d’août.


J’ai parfois des idées étranges. Lorsque mon mari m’a informé que l’arrondissement de mon quartier débloquait des fonds culturels et cherchait des projets pour l’été, j’y ai vu l’opportunité parfaite de concrétiser une de ces idées farfelues qui m’habitait depuis longtemps: monter une chasse au trésor dans les ruelles du Plateau Mont-Royal. J’ai sorti une histoire jamais publiée (le Gumzilla) d’un tiroir, j’ai déniché une illustratrice habitant le quartier elle aussi (Maylee Keo, dont je vous présenterai le travail dans un futur billet), et j’ai attaqué la paperasse!
Je voyais son nom passer depuis quelque temps. Dans le paysage littéraire québécois, il était difficile à rater! Étoile montante, de tous les prix, sa première trilogie,
On me l’a demandé maintes fois. Dans les classes, les salons du livre, les médias sociaux. « Est-ce qu’il va y avoir une suite? ». La possibilité d’une websérie a également remis la question sur la table. J’ai arrêté toutes mes manœuvres d’évitement et j’ai commencé à y penser.

Ce n’est pas la première présence du Soutermonde dans un des magazines de Bayard! En feuilletant des 