
Dans ma tête, une bibliothécaire jeunesse c’est quelqu’un qui…
- Connait sa collection sur le bout de ses doigts
- Recommande des livres appropriés selon les capacités de lecture et les intérêts de chacun
- Choisis les pépites à mettre à l’honneur
- S’excite des nouveautés à venir
- Sait quels livres élaguer et quelles suites acheter selon les emprunts de la dernière année
- Lit les livres dont le classement serait un peu flou, pour les mettre au bon endroit
- Rencontre les écoles à proximité et leur offre de travailler ensemble pour le bien être des jeunes lecteurs
- Invite des auteurs pour donner des ateliers
- Fait sûrement plein de choses auxquelles je ne pense pas
- Bref, donne son âme à la section jeunesse d’une bibliothèque
Mais surtout, une bibliothécaire jeunesse, c’est quelqu’un qui est sur le terrain, disponible, dans SA section de SA bibliothèque.
Pourquoi je vous parle de ça aujourd’hui? Parce que je suis allé, la semaine dernière semaine, demander conseil à une bibliothécaire jeunesse dans ma nouvelle bibliothèque de quartier. Je cherchais des livres québécois sur un thème précis, pour un groupe d’âge précis, tâche herculéenne sans l’aide d’un expert. Voici de quoi à eut l’air mon échange avec la personne au comptoir général (il n’y avait personne dans la section jeunesse, je suis allée m’informer).
—Bonjour! Est-ce que votre libraire jeunesse est dans le coin?
—*silence et air dubitatif*
Je réalise mon erreur et me reprends :
—Oups! Je voulais dire bibliothécaire jeunesse! J’aurais une question à lui poser!
Et c’est là qu’on m’apprend qu’il n’y en a pas dans cette bibliothèque, qui est pourtant plutôt grande, pour ne pas dire grandiose. La seule bibliothécaire spécialisée en littérature jeunesse s’occupe des achats de plusieurs établissements et ne travaille donc pas sur les lieux.
Je demande :
—Et si j’ai besoin de recommandations dans le rayon jeunesse?
La réponse :
—Vous pouvez lui envoyer un courriel.
À mon tour d’offrir un silence et un air dubitatif.
Je suis donc retournée, un peu déconfite, effectuer mes fouilles seule parmi les nombreux rayons de la section jeunesse.
Je comprends bien que chaque salaire représente des coûts et que le budget d’une ville n’est pas infini. Je comprends l’importance d’une certaine recherche d’efficacité en entreprise, qu’elle soit publique ou non. Je comprends… mais, comme disait Bénabar dans sa chanson : c’est pas une raison non plus pour être pas triste.