Il y a quelques semaines, Gen écrivait, sur son blogue, un billet sur « Notre ami le doute » et sur comment celui-ci nous pousse à travailler plus fort. Dans la même semaine, Marie-Julie Gagnon m’avait posé une question sur le même sujet, par laquelle j’avais répondu par la presque négative : je doute très peu. En fait, c’est faux. Je doute beaucoup… mais jamais lorsque j’écris.
Lorsque je compose mon histoire, je repère les péripéties faibles et les « trous » de scénarios sans problèmes. Si j’aligne les mots, je reconnais les phrases qui sonnent juste et retravaille les autres. Lors de la première lecture, c’est avec conviction que je fusionne deux paragraphes et avec certitude que j’enlève et rajoute quelques phrases, que je change un paragraphe complet, que je remplace certains mots. Même les corrections demandées pas l’éditrice ou une de ses correctrices se fait dans une assurance complète. Je sais lorsqu’elles ont raison et améliore le manuscrit en conséquence; je sais lorsqu’elles ont tort et justifie mes choix en commentaires. Quand arrive la fin de ma session d’écriture, je ferme le couvercle de mon laptop avec la satisfaction merveilleuse du travail bien fait.
Le problème, c’est lorsque je n’écris pas.
S’il y a trop longtemps que je n’ai pas ouvert Word pour autre chose que pour des contrats de conception en jeux vidéos, le doute cogne, entre, s’installe, et fait comme chez lui. Il se repait de l’immobilisme de ma carrière d’auteure. J’ai besoins d’avancer pour garder ma confiance, celle envers mes capacités d’écrivain, mais surtout celle envers mes chances de réussite. Je peux y arriver… mais seulement si j’y travaille.
Tout ça pour dire que je n’ai pratiquement pas écris de l’été, que j’attend d’innombrables réponses d’éditeurs, que cette attente mine ma confiance étrangement plus que des réponses négatives, et que le tout me donne des envie de positions fœtales.
Un petit chapitre et tout ira mieux.






