J’ai déjà touché un peu au sujet dans mon billet « Que sont les héros adultes devenus », j’y parlais d’un article de Entertainment Weekly qui clamait que le livre « To Kill a Mockingbird » serait aujourd’hui classé dans ce nouveau créneau qu’est la littérature Jeune Adulte… un créneau en grande expansion aux États-Unis, et presque inexistant chez nous.
D’abord un peu de définitions. Wikipédia offre un excellent article, mais je trouve sa caractérisation et ses exemples trop inclusifs. Je décrierais moi-même cette catégorie comme comprenant des livres qui s’adressent aux jeunes du secondaire (de 1 à 5, pas juste les deux premières années), figurent un héros de 15 à 18 ans, dans un format de livre propre aux adultes. En effet, les livres « jeunes adultes » ne sont pas en format poche comme les romans pour les 6-12. On les retrouve plutôt en format « best-seller », avec couverture souple.
Quelques exemples marquants ou à surveiller :
Twilight, qui se passe de présentation. Go team Jacob!
The Hunger Game, une série dans laquelle des adolescents sont forcés de se tuer jusqu’à ce qu’un seul survivant reste, le tout télévisé comme une série « réalité ». Un concept presque obscènement identique à « Battle Royale », un grand succès japonais publié en 2000.
Matched : Une nouveauté qui jouissait déjà d’une reconnaissance énorme avant même d’être publié: contrat d’édition dans les 7 chiffres (oui, oui, sept!), droits cinématographiques déjà pris, etc. La prémisse? Un triangle amoureux entre une jeune fille de 17 ans, le garçon génétiquement choisi pour elle et celui qu’elle aime vraiment, le tout dans un future à la « Soylent green ». De la science-fiction pour fille? Pourquoi pas! À surveiller.
Cette catégorie est pratiquement inexistante au Québec. En creusant un peu, j’ai trouvé quelques œuvres pouvant être considérées comme « jeune adulte » (Arielle Queen et Le royaume de Lénacie étant mes meilleurs candidats), mais on est loin du phénomène observé chez nos voisins du Sud. Pourquoi cette absence? Est-ce simplement que la petitesse de notre marché rend la sur-segmentation risquée, ou est-ce un déprimant retard de notre part?
Un fait intéressant pour terminer, « Filles de Lune », de la fort sympathique Élisabeth Tremblay, est sorti sous bannière adulte ici, mais est classé « jeune adulte » en France. C’est un succès dans les deux cas! Comme quoi un bon livre trouve son public, quel que soit le positionnement!




