Je ne me considère pas « chanceuse » d’être auteure

Hier, Jonathan Reynolds publiait un billet passionné sur sa vision du métier d’auteur. La phrase suivante m’est restée en travers de a gorge : « N’oubliez jamais que ce n’est pas un droit d’être auteur, c’est une chance! ».

Est-ce qu’un plombier, un médecin ou un architecte se considère chanceux d’exercer leur métier? Tous les auteurs que je connais, et particulièrement ceux qui en vivent, y sont arrivé à l’aide d’une discipline de fer et de beaucoup, beaucoup de travail! Leurs succès, ils les ont mérités! Heureux de pratiquer le métier qu’ils aiment? Absolument! Mais la chance n’a rien à y voir.

L’édition n’est pas une loterie! L’éditeur ne nous « fait pas une faveur » en publiant notre livre! Il le choisit pour sa qualité, résultat direct des capacités de l’auteur et de l’effort fournis pour utiliser ces capacités à leur maximum.

Rendons-lui tout de même son due : la chance est une excellente accélératrice de carrière et amplificatrice de succès! Les bonnes personnes rencontrées, le bon thème traité au bon moment, certaines coïncidences peuvent propulser un auteur vers les hautes sphères des palmarès plus rapidement qu’il ne l’aurait fait de par lui-même. Mais le moindrement que son talent était soutenu par une saine ardeur au travail, il aurait fini par arriver tout de même à exercer ce métier.

Lorsque l’on caresse la première copie de son livre, il ne faut donc pas se considérer chanceux, mais bien savourer la juste récompense d’années d’efforts et de sacrifices.

Geronimo Stilton : le chaînon manquant?

Je lisais, hier, un article du journal Le Monde, intitulé « Comment enrayer la chute de la lecture des enfants ? » Deux énoncés ont retenus mon attention. Le premier, une chute importante de lecteurs à l’âge où ils doivent graduer de l’album illustré au roman. Le deuxième, le questionnement de l’auteur sur une possible nécessité de rendre les livres plus ludiques. Je n’ai pu m’empêcher de penser à Geronimo Stilton.

Pour ceux qui ne connaissent pas cette série au succès phénoménal, Geronimo Stilton est une série italienne qui compte déjà plus d’une cinquantaine de livres et qui suit les aventures d’une grosse souris. Aucun auteur autre que la grosse souris elle-même n’est jamais mentionnée sur les œuvres, à un point tel que c’est le personnage en peluche qui fait les dédicaces dans les salons du livre, ce qui porte (fortement) à croire qu’elle appartient à l’Éditeur italien, qui passe des commandes à différents écrivains. La série existe sous deux formats : des petits romans courts et de grosses briques dans lesquelles l’aventure comprend de nombreux jeux et activités (du genre, trouvez la clé dans l’image pour que Geronimo puisse ouvrir la porte).

Jetez maintenant un petit coup d’œil sur une page intérieure d’un roman de Geronimo Stilton.

Selon mon article de Le Monde, le passage de l’album illustré au roman serait difficile. Geronimo Stilton, avec ses mots-images (je rougis écrit en rouge, « Rio Mosquito » accompagné d’insectes) et ses nombreuses illustrations couleur semble à cheval entre les deux genres. Le passage se fait plus facilement! Le chaînon manquant, donc! Lorsqu’un apprenti lecteur ouvre ce livre pour la première fois, il n’est pas intimidé. Il est en pays de connaissance, la seule différence est que les pages sont plus petites et plus nombreuses que celles des albums dont il a l’habitude.

De plus, avec les activités incluses dans ses romans-briques, Geronimo réussit à mettre un pied dans l’univers du jeu. Cet esprit ludique constitue un second atout pour le jeune lecteur. D’entrée de jeu, il n’a pas peur de s’ennuyer, malgré le nombre impressionnant de pages.

Il est facile de jalouser le succès de la série, mais il est peut-être également responsable de la conversion de bien des lecteurs d’albums en lecteurs de romans.

Échoue lamentablement dans sa tentative de prendre la défense du Québec

Dans un billet sur son blogue, Dominique Bellavance blâme le haut taux d’analphabètes au Québec pour les faibles ventes de livres.

Allez le lire, je vous attends.

J’allais lui répliquer par des statistiques superbement encourageantes d’une étude menée par le ministère du Patrimoine Canadien il y a quelques années, et selon laquelle « près de 9 Canadiens sur 10 (87 p. 100) ont indiqué avoir lu au moins un livre pour se détendre au cours des 12 mois précédant cette étude et que la moitié (54  p. 100) lit tous les jours ou presque »

Ces chiffres semblaient contredire complètement ceux cités par Dominique, et je pensais arriver avec mon flambeau d’optimisme pour dire que la situation n’était pas aussi déprimante que ça! C’est alors que je suis tombée, dans ce même résumé d’étude, sur un paragraphe parlant plus particulièrement du Québec :

« Les taux de lecture au Québec sont les plus faibles qui ont été mesurés au Canada. Selon l’étude du MPC, on estime que le pourcentage de Québécois qui lisent régulièrement des livres est maintenant de moins de la moitié (46 p. 100), et moins de 4 sur 10 (37 p. 100) lisent principalement des ouvrages littéraires (alors que ce pourcentage varie de 43 à 48 p. 100 ailleurs). Les taux de lecture chez les Québécois semblent être à la baisse, particulièrement chez les francophones. »

Ouch! Déprimant!

Seule devant une salle vide…

Photo prise par bass_nroll, disponible sur Flickr

Dimanche dernier, je donnais une animation au Salon du livre de Sherbrooke, à 10h30 le matin. Comme notre kiosque était installé juste devant la salle en question, j’ai pu l’observer tout à loisir : grande (énorme) et ouverte sur le salon, elle est loin des salles de classe et bibliothèques intimistes dans lesquelles j’ai l’habitude de rencontrer des élèves.

J’ai également pu y voir Caillou et Geronimo Stilton y soulever les foules. Les Beatles n’auraient pas fait mieux.

Lorsqu’est arrivé mon tour, c’est devant une salle vide, ou presque, que je me suis installée. Il faut dire que le salon avait ouvert ses portes à peine 30 minutes auparavant, et que mon nom n’attire pas vraiment les foules (ou, du moins, pas encore!!). Encore heureux que j’ai pu compter sur mon Éditrice et le plus que gentil Viateur Lefrançois  pour diriger quelques familles vers la salle, sinon, je n’aurais parlé que pour le preneur de son.

Parler devant une salle vide n’est pas un problème, mais malheureusement, mon animation est dans le genre très participatif, avec des questions et défis lancés aux spectateurs à une bonne fréquence. Dans une classe, où les élèves sont habitués à être sollicités, les mains fusent à une vitesse flagrante, et les réponses m’alimentent en matériel. Cette fois-ci, après chaque interrogation ou demande, on pouvait entendre les criquets.

Je me suis tout de même rendue au bout, bien qu’un bon 5 minutes en avance. Ma conclusion : j’ai besoins d’une deuxième animation, une mieux adapté à la réalité des salons, bien différente de celle des classes. Une animation moins conversationnelle, plus « spectacle ».

En attendant, je fais une deuxième apparition publique ce soir en tant que Paneliste aux « Mardi Internet » de l’Alliance Numérique. Et puisque nous serons quatre sur scène, si la salle est vide, nous pourrons toujours bien nous parler entre nous!

La vente : une drogue à forte dépendance

Je vous écris en direct du Salon du livre! Un contrat urgent m’a obligée à chercher refuge dans les coulisses, ou j’ai eu la jolie surprise de découvrir une chaise, une table, une prise de courant… ET une connection WiFi! Yé!  Je profite d’une petite attente de réponse courriel de sa part pour vous parler de ce sujet maléfique qu’est la vente!

Dans un monde idéal, les auteurs ne seraient dans les salons que pour rencontrer leurs lecteurs! Mais à moins de vendre suffisamment en librairie pour rendre l’impact des salons négligeable, nous y sommes également pour tenter de convaincre quelques visiteurs d’acheter un de nos volumes, qu’il nous fera par la suite grand plaisir de dédicacer.

Le plaisir que retire l’auteur d’un tel exercice est une question de tempérament. À la base, l’auteur a choisi ce métier par amour d’être en tête à tête avec un ordinateur. Le côté social de la vente ne nous vient donc pas nécessairement de manière naturelle. D’un autre côté, parler de nos livres est quelque chose que nous faisons, pour la plupart, très bien, ce qui nous permet de tirer notre épingle du jeu.

Ce n’est pas de l’exercice de vente qui me fascine aujourd’hui, autant que son résultat. Lorsqu’on est en « présence continue » dans un salon, il est parfois très difficile de quitter son poste parce qu’une pensée nous retient à notre chaise : l’envie de juste une petite vente de plus. Rationnellement, cette pensée ne fait aucun sens. Notre carrière ne se fera ni ne se défera sur une seule vente, et pourtant, cette pensée nous retient. On désire cette vente comme un junky léger désire un « fix »!

Lors d’une discussion avec mon frère hier, il a émis l’hypothèse que la vente était comme les jeux vidéo. On est retenu par le désir de faire un point de plus, de battre un record, de se rendre au niveau supérieur. Ça fait du sens : un défi difficile, un objectif clair, un succès mesurable, bref tous les éléments d’un bon gameplay!

À quand le premier « First person seller » sur X-Box?

Salon du livre de l’Estrie

C’est la saison des salons qui recommence pour moi, un peu en retard sur mes collègues qui étaient présents au Salon du livre du Saguenay! Le Salon du livre de l’Estrie est un des rares salons que je ferai en « présence continue », pour trois raisons très simples :

  • –  Mon éditrice y a son propre kiosque, ce qui offre plus de flexibilité
  • –  La date n’était pas trop éloignée de la sortie de mon dernier livre
  • –  J’y suis logée et nourrie chez ma maman, qui habite en Estrie!

De plus, je ferai une présentation dimanche matin à 10h30, ce qui devrait couvrir les quelques menues dépenses qu’entraine toujours un salon loin de chez soi!

Bref, mes heures de signatures approximatives :

Jeudi 14 octobre, de 9 h à 12 h et de 13 h à 21 h

Vendredi 15 octobre, de 9 h à 21 h

Samedi 16 octobre, de 9 h à 17 h (je fais le salon buissonnier en soirée!)

Dimanche 17 octobre, de 11h h à 17 h

Avis aux collègues distributeurs et distributrices de signets : si vous désirez prendre un break, un lunch ou un café, je suis partante!

La relecture est commencée!

Finalement, les trois premiers chapitres étaient bien! Un peu de travail de tournures de phrases et de choix de termes, sans plus! Bien fière de moi.

Puis, est arrivé le quatrième chapitre! Ouch! Il est rare pour moi de mettre un chapitre à la poubelle pour le recommencer du départ, mais j’ai bien peur que c’est ce qui va devoir arriver. Le ton n’est pas juste, les réactions ne sont pas crédibles, et pour couronner le tout, un personnage s’y foule la cheville… événement complètement oublié par la suite! On nage en pleine série B! Ré-écriture majeure en vue.

Par contre, le travail en question devra attendre, deux contrats de pige et un salon du livre (Estrie) me garderont vraisemblablement occupée jusqu’à la fin du mois! C’est à peine si j’ai eut le temps de mettre mon status Facebook à jour cette semaine! Ça devrait être moins pire après ma remise de document de mardi pm!

On se revoie mercredi matin!

Petite angoisse de relecture

Je m’apprête à débuter la première relecture/réécriture du tome quatre de Terra Incognita. Certains auteurs retravaillent au fur et à mesure, pour ne lâcher un chapitre que lorsque celui-ci est à leur goût. Personnellement, j’écris un premier jet sans jamais regarder en arrière, et retravaille par la suite. J’attaque habituellement cette tâche avec optimisme, mais cette-fois, un doute me turlupine.

De mes quatre romans, c’est le premier que j’ai écrit à travers les contrats plutôt que pendant la quiétude d’un congé parental. Ainsi, les trois premiers ont été écrits en raison de 1-2 heures par jours de manière régulière durant des semaines, alors que celui-ci a été plutôt écrit par à-coup, de manière chaotique. Une journée par-ci, trois par là, j’ai parfois passé des mois sans ouvrir le manuscrit, pour ensuite en écrire le quart en une semaine intensive.

Le résultat sera-t-il inégal? inconstant? Ça reste à voir!

Beaucoup de pain sur la planche, donc.

Je m’y mets.

Retour sur mon retour!

Seriez-vous surpris si je vous disais que je n’étais pas plus enthousiaste qu’il le faut à partir en vacances? Lorsqu’on partage son temps entre les contrats et l’écriture, le temps pour le deuxième peut souvent sembler insuffisant, et transformer trois semaines complètes de temps en une chose aussi futile que des vacances me semblait superflu. Intéressant, agréable, reposant, enivrant même, mais au reste superflu!

Superflu, mais nécessaire (segment contradictoire) : j’étais crevée!

La première semaine, le cerveau s’est fait aller! Dès que j’avais quelques minutes de répits, les idées venaient d’elles-mêmes, comme si elles n’avaient attendu qu’un petit espace libre dans mon emploi du temps chargé pour se faire connaître. J’ai même noirci plusieurs pages de notes illisibles, moi qui ne couche habituellement rien sur papier.

À partir de la deuxième, le silence s’est fait. Les véritables vacances pouvaient commencer.

De retour, donc, et pour la première fois depuis plusieurs mois, je me sens à jour dans mes idées. Il ne reste plus qu’à me remettre du décalage pour attaquer avec énergie la liste de chose à faire laissée en jachère pour la presque totalité du mois de septembre.

Dans le collimateur :

  • –  Ré-écriture de Terra Incognita Tome 4 dont j’ai terminé le premier jet juste avant le départ.
  • –  Des billets sur deux visites et deux lectures inspirantes du voyage
  • –  Attente de réponse sur deux concepts envoyés à un éditeur
  • –  Présence continue au Salon du livre de l’Estrie
  • –  Contacter certains libraires pour les animations scolaires
  • –  Ré-écriture de mon conte de Noël

Ah, oui! Défaire les valises et faire quarante brassées de lavage aussi. Au boulot!