Lors de ma dernière animation de l’année, l’école avait un projet de vidéos-blogues, mené par le professeur d’anglais. J’ai donc pris 15 minutes pour m’asseoir avec deux élèves qui me posaient des questions préparées d’avance. Ils avaient choisi le thème de la chance pour leur émission de la semaine et une des questions allait comme suit : « Parmi tous vos personnages, lequel est le plus chanceux »?
Et ma pensée immédiate a été : « Aucun d’entre eux, je l’espère ».
Pourquoi? Parce que la chance est un piège, pour un auteur. Un héros doit réussir sa quête ou se sortir d’embarras grâce à ses qualités personnelles. Son intelligence, son courage, sa facilité à attirer la loyauté d’amis utiles. S’il s’en sort grâce à la chance, c’est un peu de la triche! L’intuition, qui fait que le héros regarde dans le tiroir même s’il n’a aucune raison de regarder dans le tiroir, entre un peu dans la même catégorie. Ce sont des raccourcis paresseux.
À bien y penser, une scène d’action est d’ailleurs bien plus intéressante lorsque tout tourne mal et que le héros doit sans cesse s’adapter à la situation et trouver de nouvelles solutions. C’est sa malchance qui permettra les meilleurs rebondissements : le fusil qui s’enraye, la liane qui cède sous le poids, le garde qui revient parce qu’il a oublié son café.
Définitivement, je préfère les héros malchanceux !