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Question stupide à poser à un auteur

prise sur "between the lines"Un jour, alors qu’il lisait un roman entre deux manches lors d’une partie des Red Sox, Stephen King s’est fait demander par un journaliste, très fier de sa question : « Est-ce que vous lisez un de vos livres? ». La question semble singulière, mais quelques mois plus tard, je me la suis également fait poser par une professeure alors que je lisais entre deux animations scolaires. Grosse révélation : les auteurs lisent rarement leurs propres livres! Non seulement on sait comment ça finit, mais en plus, on doit le lire tellement de fois avant publication, qu’on est, pour la plupart, PUS CAPABLE d’en lire la moindre ligne sans un haut le coeur!!

C’est d’ailleurs actuellement mon cas pour Terra Incognita : le fantôme du caporal poltron. J’ai du en relire le manuscrit trois fois en autant de fins de semaine dans les dernier mois, histoire qu’il soit à mon goût avant de partir chez l’imprimeur, et je suis absolument, complètement taaaaaaaanée, signe qu’il est prêt pour publication!

Alors si vous me voyez un livre à la main, toutes les chances sont pour que ce soit du fantastique anglophone, du moderne « hip » comme Coopland ou Cory Doctorow, ou un roman jeunesse québécois ramassé par curiosité (je viens, par exemple, de mettre la main sur un des « intimes » de Sylvie Catherine de Vailly!). Mes livres à moi? Dans la bibliothèque, rangés pour toujours.

Choisir un titre, c’est comme choisir un nom de bébé!

Il y a des titres qui nous viennent immédiatement, alors que le livre est à peine embryonnaire, et qui servent à en cimenter le ton. D’autres sont pénibles à trouver et donnent lieu à des brainstorms interminables. D’ailleurs, dans le film « Julie & Julia », il y a une scène aussi inutile qu’intéressante dans laquelle la désormais célèbre cuisinière et son éditrice cherchent un titre à son livre de recettes à l’aide de mots écrits sur des post-its. Des fois, c’est comme ça!

Cette semaine, j’ai envoyé deux titres possible pour le quatrième Terra Incognita. Les choix : « La tribu des insectes » et « Le vol des scarpassons ». L’idée était de pouvoir intégrer le titre avec la mention « à paraître » dans le troisième tome, qui partira bientôt chez l’imprimeur. La majorité des commentaires étaient favorables au deuxième, plus intrigants, surtout à cause de ce mot inconnu qu’un de mes amis est allé jusqu’à googler! J’ai finalement décidé que le roman n’était pas encore assez avancé pour mériter une étiquette, mais le titre est tout de même, en attendant, en haut de mon manuscrit en devenir.

Pour « Le fantôme du caporal poltron », j’ai eu le titre en tête avant d’écrire la moindre ligne! J’aimais sa consonance! Quelque chose d’intéressant dans la répétition des sons « P », « O » et « L » des deux derniers mots, et de la juxtaposition de deux termes foncièrement forts et courageux avec l’adjectif contraire. Au contraire, pour « Les Naufragés de Chélon », le titre n’a été choisi que vers la fin, et ce n’est que tout récemment que je me suis mise à l’aimer. Je me demande parfois si je n’aurais pas dû garder cette phrase comme titre de la série plutôt que du premier recueil.

Un autre qui a posé problème : « L’ogre, la sorcière et le grand méchant loup » de jesuisleheros.com. Son point positif : une forme semblable aux titres de films « Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant » et « le bon, la brute et le truand ». Mais l’éditeur et moi aurions voulu y intégrer le nom de l’enfant, pour renforcer la personnalisation. On a tout essayé, rien n’y faisait! « NOM_ENFANT dans la forêt des malaimés » aurait été parfait… mais l’expression était déjà prise! Alors, le titre est resté comme tel!

Et pour finir, quelques uns de mes coups de cœur, côté titres :

Un récent : « La solitude des nombres premiers » de Paolo Giordano

Un jeunesse : « Un escargot sur la main » de Gilles Gemmes

Un classique : « Le silence des homards » de San Antonio.

En avez-vous à partager?

Lève son chapeau aux auteurs du soir, du diner et du dimanche

Même si une trop longue absence d’écriture affecte parfois mon humeur, je n’ai jamais souscrit à ce mythe selon lequel certaines personnes ont « besoins » d’écrire. Écrire est un choix, mais plus encore, une discipline! Surtout pour les nombreux, très nombreux auteurs qui le font en marge d’un travail à temps plein.

Je n’en ai personnellement jamais eu besoins, puisque mon métier de pigiste prend de lui-même des pauses de temps en temps, mais je devrai possiblement m’y mettre cet été, si je veux remettre le prochain Terra Incognita à temps malgré les contrats qui rentrent. Je ne suis pas certaine de m’en sentir la force!

Je veux donc simplement aujourd’hui rendre hommage à ces écrivains de fin de semaine! À tous ceux utilisent leur précieuse heure de lunch pour écrire une ou deux pages plutôt que de jaser avec les collègues. Aux parents qui rallument leur portable une fois les enfants couchés! Aux lève-tôt qui écrivent aux aurores pendant que le reste de la maison dort. Bref, à tous ceux qui ont le courage d’écarter la procrastination et de travailler cette deuxième carrière pendant leurs temps de loisir!

C’est tellement plus facile d’allumer la télé! Ne minimisez pas votre réussite, et fêtez bien fort chaque manuscrit terminé! Si je complète le mien à temps, je fêterai avec vous!

À la recherche de motivation… pour un personnage.

L’histoire du Tome 4, comme déjà mentionné, est celle à ce jour qui m’a causé le plus de problèmes. Jamais je n’avais dû réfléchir autant pour attacher les différentes péripéties de manière cohérente. On pourrait penser que c’est parce que je ne l’ai pas laissé macéré assez longtemps dans mon cerveau avant de tenter de la coucher sur papier. Le problème, c’est que, une fois qu’on a décidé que l’écriture serait plus qu’un passe-temps, le temps de macération devient un luxe qu’on ne peut pas toujours se permettre!

Donc, mon histoire s’est enfin solidifiée en un tout à la fois logique et intéressant, et la seule pièce du puzzle qui reste à trouver est un problème de motivation. Moi? Motivée comme jamais! Le problème c’est Bernard, un de mes personnages. Il n’est pas du genre altruiste, voyez-vous, et j’ai besoins qu’il accepte d’aider un vieil ermite désireux de ré-intégré sa tribu. Comment le faire coopérer?

Par « amour de son prochain »? Déjà écarté, pas son genre.

Ses amis en danger? Ce serait pas mal… d’autant plus qu’ils le sont! Mais malheureusement, il n’a aucun moyen de le savoir au moment où il doit prendre sa décision.

Parce qu’on le lui ordonne? C’est celui qui a le plus de difficulté avec l’autorité. Il n’obéit que si ça l’arrange, on revient au point de départ.

Appât du gain? Hum… rien de monétaire… mais pour un caprice, peut-être…

Pas facile de devoir composer avec le caractère de chacun! Je retourne à mes réflexions!

Trop bien écrire pour les enfants?


pris sur openclipartLorsqu’on propose des textes à des éditeurs, on s’habitue rapidement au refus. Il en vient de toutes sortes : des génériques, des gentils, des constructifs, des verts, et des pas murs. Parfois, on en retire quelques conseils important qui viennent améliorer notre écriture. Hors, pour la deuxième fois de ma jeune carrière, je me suis vue refusée un manuscrit par une maison d’édition avec, comme raison à la clé, un niveau de langage trop élevé. « C’est trop bien écrit » m’avait dit « verbatim » le premier des deux éditeurs à m’avoir fait un commentaire dans cette direction.

Je comprends que, pour les premiers lecteurs (6-7 ans), il est important de faire des phrases simples et d’utiliser des mots qu’ils connaissent. Après tout, ils n’en sont qu’à leurs premières armes en lecture et en compréhension de texte. Mais voilà, le premier texte était un roman pour les 9-11, âge suffisant pour comprendre un mot nouveau lorsque placé en contexte, voire même suffisant pour ouvrir un dictionnaire au besoin (ou pour « googler » le mot, soyons modernes!). Le plus récent est un conte de Noël pour les 4-6 ans, donc destiné à être lu à haute voix par un adulte qui pourra servir de filtre, de guide et de dictionnaire au besoin. Dans les deux cas, une directrice littéraire a défendu mon manuscrit bec et ongles, mais la décision finale revient toujours à l’éditeur.

On m’a dit que Dany Laferrière décriait récemment cette tendance à sur-simplifier le langage dans la littérature jeunesse dans un article du Châtelaine que j’ai été incapable de retrouver. Loin de moi l’idée de décrier quoi que ce soit, mais n’empêche que, lorsqu’on me dit que j’écris trop bien, je reste perplexe…

Le premier texte a été accepté il y a trois ans par les Éditions du Phoenix et est devenu « Les Naufragés de Chélon », livre qui se porte très bien, merci! L’éditrice, Liliane Lord a même plutôt tendance à m’avertir si le niveau de langue ose baisser d’un iota, ce qui est tout à son honneur! Le deuxième se cherchera un éditeur dans les prochaines semaines, dès que mes contrats me laissent le temps de préparer de grandes enveloppes oranges. Avec un peu de chance, il tombera entre les bonnes mains!

Quelques perles tirées de « Le fantôme du caporal poltron »

Pendant la fin de semaine, j’ai révisé, format maquette, le troisième tome de Terra Incognita, prévu pour publication au mois de septembre. J’en ai profité pour garder en mémoire mes phrases préférées, que je partage avec vous!

Alors que les naufragés plaident leur cause à Christophe IV, monarque de douze ans :

Lorsqu’on porte le titre de roi à un si jeune âge, on ne peut qu’être sensible au sort des orphelins.

Un peu mélo, je l’avoue. Pour un peu plus, je me mettrais à chanter la chanson thème de « Rémi sans famille »!  Enfin, j’aime tout de même!

Alors que le caporal poltron du titre tente d’en apprendre plus sur les hommes sous son commandement :

À en croire les dirigeants de l’école militaire, les soldats n’ont qu’une envie : se battre pour l’amour de la patrie. Si le mot « amour » a souvent été prononcé lors des entrevues, il a toujours été suivi d’un nom propre.

À vrai dire, j’aimais mieux la phrase lorsqu’elle se terminait par « il n’a jamais été suivi que d’un nom propre », mais ça avait été jugé « pas assez direct ».

Alors que Basile, mon cuisinier, vit sa première peine d’amour :

Ressassant sa peine, le cuisinier sort son rouleau à pâtisserie et attaque la boule de pâte à grands coups de chagrin.

La phrase fait d’ailleurs partie d’un de mes chapitres préférés dans le roman… moi qui tombe rarement dans l’eau de rose, j’y suis allée à fond! Dans le même coin, il y a vait également un parfum « à base de rosée et de lavande, qui rappellera le lever du soleil au premier matin du printemps ». Lyrique à souhait!

Alors que les naufragés en apprennent un peu plus sur le système politique de l’île.

(…) répond le roi, avec la fierté feinte du patriote désabusé.

Je ne sais pas quoi dire sur celle-ci, j’en aime juste la consonance autant que la signification!

Je vais essayer de faire de ce petit jeu une coutume à chaque fois que je publie un texte, et j’invite tous les auteurs qui me lisent à me faire parvenir leurs propres phrases préférées dans leurs oeuvres à venir! Je me ferai un plaisir de les publier ici!

Classique ou cliché? Dans le doute, s’abstenir!

Iroquois Savage, tiré de "Encyclopedie des Voyages", 1796Cette semaine, j’ai pu continuer un peu Terra Incognita Tome 4, qui n’a pas encore de noms, je dois l’avouer. Côté histoire, c’est celle qui m’a posée le plus de problèmes à ce jour. J’avais déjà parlé de la coupure de ma scène originale dans un précédent billet, mais depuis, la scène avait eu le temps de revenir dans une version que je pensais bien finale. Mais voilà, l’intrigue tournait autour de ce que je pensais être une classique : une tribu d’indigène qui impose trois épreuves à un des naufragés pour être accepté parmi les leurs.

Hors, de classique à cliché, il n’y a qu’un pas. Plus j’approchais de la scène des épreuves, et plus elle me dérangeait. Je me rappelle avoir vu cette structure dans les Schtroumpfs et dans Natasha, mais je suis certaine que ces deux ne sont que la pointe de l’iceberg. La manière grâce à laquelle les naufragés allaient réussir les épreuves avait beau être merveilleusement originale et inventive, le doute n’en planait pas moins : nageais-je en plein cliché?

Dans le doute, s’abstenir! Exit les trois épreuves, remplacées par quelque chose d’autre! Jamais histoire ne m’aura donné autant de difficulté!

Guide théorique de structures narratives non linéaires

La semaine dernière, je suis allée parler d’écriture interactive à des étudiants du niveau collégial. C’est la deuxième fois que je fais ce genre de conférence. La première fois à des étudiants en littérature, et cette fois-ci à des étudiants en jeux vidéo! Convergence, quand tu nous tiens!

Ma présentation comprend les différents schémas narratifs les plus souvent vus en jeux vidéo. Je les partage ici avec vous.

Même chose que dans un livre, un film ou tout média non-interactif, donc pas du tout non-séquentiel.

Si ce genre d’embranchements est assez populaire en fiction interactive, en jeux vidéo on considère habituellement que dédouble le nombre d’heures de travail sans augmenter le nombre d’heures de jeu pour les usagers. Rarement utilisé.

Évidemment, le problème avec une histoire complètement non séquentielle, c’est qu’il est presque impossible de raconter une véritable histoire, puisqu’on n’a aucun contrôle sur l’ordre des informations reçues, et que certaines pièces du puzzle peuvent même n’être jamais trouvées. Ce type de narration est plus efficace pour créer une simple ambiance. En exemple : Animal Crossing.

Beaucoup plus utilisé! Une histoire toute linéaire, avec certains morceaux non essentiels, mais permettant d’approfondir l’histoire ou ses personnages afin de créer une illusion de non-linéarité.

Maintenant passé de mode, mais a été très populaire il y a une dizaine d’années. Il était bien vu de pouvoir mettre au dos de la pochette « plusieurs fins » sur la pochette! Le choix de la fin dépendait du niveau de complétion du jeu par l’usager, ou de quelques choix disséminés à travers l’aventure. Exemples: Abe’s Odyssey et Medievil

Assez utilisé dans les jeux dont les niveaux comportent plusieurs « missions ». Sly Cooper, ou Grand Theft Auto (du moins les premiers) par exemple. Les morceaux d’histoires sont compris dans les missions, et un joueur doit avoir complété certaines missions critiques (donc, être mis au courant de certains morceaux de l’histoire), avant de continuer plus loin. Peut facilement être combiné avec les « side quests ».

Et finalement, les différents points de vue, technique commencée par Resident Evil 2, mais rendue riche et intéressante par Fable et Knights of the Old Republic. En gros, les gens progressent tous dans les mêmes lieux, rencontrent les mêmes personnages, et dénouent les mêmes intrigues, mais de différentes manières selon leurs choix au cours de l’aventure. Selon vos choix précédents, certains personnages réagiront différemment avec vous, ce qui entrainera des dialogues alternatifs. C’est une méthode efficace, puisqu’en jeux vidéos, les coûts d’ajouts d’éléments vont dans cet ordre décroissant : lieux, personnages, dialogues parlés, texte.

Des livres suivant ce schéma bientôt disponibles sur un Ipad près de chez vous!

Un « happy place » pour écrire.

Tiré de la couverture de "The Writer's Desk"Je n’ai pas vraiment réussi à trouver de traduction pour « Happy Place », cet endroit apaisant où notre esprit se réfugie parfois pour s’apaiser.  Depuis longtemps, le mien était une chambre un peu vieillotte et sentant le garde-robe de cèdre chez mes grands-parents. Puis, un jour, en fermant les yeux, l’endroit avait changé. La pièce m’était inconnue, mais surtout, elle comprenait un portable pour écrire.

Depuis, je m’amuse à peaufiner en pensée cet espace de travail utopique.

Il faudrait qu’il soit séparé de la maison par quelques mètres, idéalement m’obliger a traverser un ruisseau ou toute autre démarcation psychologique pouvant être utilisée comme frontière entre le « monde du travail » et le « monde de la maison ».

La chaise serait haute et capitonnée; assez large pour m’y asseoir en indien et assez haute pour que les bras reposent sur le clavier sans tensions.

Sur les murs, je mettrais mes objets d’imaginaire culturel : ma celluloïd de Myazaki, ma planche d’imprimerie de la bande dessinée Isabelle, la carte exclusive de Guy Gavriel Kay, et le dessin encré du premier personnage que j’ai créé juste pour moi plutôt que pour une entreprise, soit une petite sorcière détective, et que j’ai toujours gardé précieusement entre deux cartons.

Côté nourriture, il y aurait une machine à café filtre, et une grosse machine de bureau qui permet de faire moitié café, moitié chocolat en une seule pression de bouton. Également, une distributrice de cochonneries avec un prix prohibitif, juste pour que j’y réfléchisse à deux fois avant de m’empiffrer!

Un piano, pour prendre des pauses, mais aussi au cas où je me mette à la composition de chanson, voire la composition de comédies musicales (ceux qui me connaissent savent que ça ne peut que me tenter comme idée).

Mon ordinateur principal n’aurait que Word et Antidote. Internet et ses nombreuses distractions seraient installés sur un deuxième ordinateur, placé assez loin pour m’obliger à me lever pour m’y rendre. Aucun des deux n’aurait « Spider solitaire ».

Pour l’emplacement et la vue, si Aldebert rêve d’un « triplex à Montmartre avec vue sur la mer », pourquoi ne pourrais-je pas avoir un pigeonnier sur le plateau avec vue sur une forêt? Non? Vue sur les toits alors… préférablement ceux de la ville de Porto.

Et vous? Quel est votre espace de travail rêvé?

Le point de vue du marmiton

Clipart du domaine public, pris sur www.pdclipart.comJe viens tout juste de terminer le dernier Guy Gavriel Kay, Under Heaven, grâce à un marathon de lecture rendu possible par la présence de grands-parents. Une merveille, comme tout ce qu’il écrit, ou presque. Je suis une fan.

Mon grand coup de foudre avec cet auteur tien à un chapitre présent dans la série « Sarantine Mosaic », une saga de Fantasy inspirée de la culture byzantine dans laquelle un artiste de mosaïque se retrouve au cœur des intrigues de la cour.  Bien qu’il ait un narrateur omniscient à la troisième personne, Guy Gavriel Kay aime bien changer le point de vue à partir duquel un chapitre est écrit. Et avec ce point de vue, l’importance de certains aspects de l’histoire varie. Celui qui m’a passionnée tournait autour d’un marmiton de seconde classe, tout jeune sous-chef dans un restaurant fréquenté par la haute.

Tout au long du chapitre, les diverses lignes de récit avancent alors que les aristocrates présents discutent en mangeant.  Stratégie militaire, coup d’État, amourettes aristocratiques, tout y passe au fil des conversations des différents convives. Après tout, le chapitre serait inutile s’il ne servait l’histoire du roman! Mais le point d’orgue de ces cinq pages, en son centre autant qu’en conclusion, est la chose la plus importante pour le personnage en focus, donc notre marmiton. Cette chose? Une des princesses a aimé la soupe qu’il a lui-même assaisonnée. Peu importe les tracas nationaux, c’est ce simple compliment qui fait sa journée.

Et cette journée-là, ce simple chapitre avait fait la mienne!