Tous les articles par Annie Bacon

Réponse à Littérature 2.0

Suite à la lecture d’un article publié sur le blogue de la librairie Monet, soit La Littérature 2.0, je leur ai laissé un long commentaire, que j’ai cru bon de partager ici avec vous sur mon blogue. Je vous encourage à lire l’article, sommes tout très intéressant, et à lire ma participation ci-dessous.

Si je ne m’abuse, “the french revolution” n’était qu’un roman normal coupé pour rentrer dans le médium qu’est Twitter, un peu comme les permiers films à la télé n’était que du théâtre filmé d’une traite avec une seule caméra. Pas très adapté. (pour mon opinion de ce que devrait être une fiction Twitter, voir le billet suivant sur mon blogue: https://www.romanjeunesse.com/2010/04/26/ce-que-devrait-etre-une-fiction-twitter/)

Par contre les médias sociaux de manière plus large sont déjà de belles plate-formes pour découvrir de nouveaux projets intéressants. On pense, entre autre, aux blogues transformés en format Papier, tel le livre de Mère Indigne et des (z)imparfaites. Pour Twitter, le compte de @shitmydadsays a non seulement été transformé en livre (http://shitmydadsays.com/book) mais deviendra également un “sitcom” à la télé américaine. Je suis donc tout à fait d’Accord lorsque vous dites que “le portable ou le clavier n’en constitueraient que de nouveaux avatars à travers lesquels des œuvres brillantes pourront forcément surgir un jour ou l’autre”.

Par contre, si le 2.0 carbure à la consomation rapide, il carbure également à la consomation fréquente. Bien loin de sombrer dans l’oubli, les auteurs finissent plutôt par faire parti du quotidien de leurs lecteurs, un lien possiblement plus fort que celui généré par le livre.

Comment améliorer le Magicien d’Oz… et rater l’opportunité de le rendre parfait!

MAgicien dOz par la roulotte

Vendredi dernier, je suis allée voir une représentation en plein air du Magicien d’Oz fait par le théâtre de la roulotte. À ma grande surprise, ils en avaient changé la trame narrative, et à mon encore plus grande surprise, j’ai adoré ces changements. Pourtant, une toute petite phrase vers la fin est venue tout gâcher.

Ce qui marchait

La motivation émotive de Dorothé dans le Magicien d’Oz est simplement de retourner chez elle. Si c’est parfaitement adéquat, ce n’est pas nécessairement un besoin sur lequel nous avons une forte réaction émotive. Le théâtre de la roulotte a donc choisi d’utiliser le fait qu’elle habite chez sa tante et son oncle pour y ajouter « retrouver ses parents morts dans un cyclone l’année d’avant» comme motivation supplémentaire. Elle crie des « vous n’êtes pas ma vraie famille » à ses parents adoptifs et s’enfuie volontairement vers le nouveau cyclone qui s’approche.  Évidemment, tout au long de l’histoire, je n’ai pu m’empêcher de tenter de prédire la nouvelle fin pensant, entre autres, que le magicien lui-même s’avérera être son père ou encore qu’elle retrouvera ses parents et restera à OZ.

Les scénaristes ont réussi à me surprendre avec une fin encore meilleure : Dorothé réalise qu’il lui faudra de l’intelligence, du courage et du cœur (eh oui, les trois qualités recherchées par ses compagnons de voyage) pour accepter le fait que ses parents ne reviendront jamais, et qu’elle est chanceuse d’avoir un oncle et une tante qui l’aiment et qui sont prêts à l’accepter au sein de leur famille. Elle revient donc chez elle pour se jeter dans leurs bras. J’en ai essuyé une larme!

Ce qui est venu tout gâcher

Dans le film classique avec Judy Garland, l’utilisation des mêmes acteurs pour personnifier les gens de la « vraie vie » et ceux d’Oz instaure l’idée que l’aventure de Dorothée n’était en fait qu’un rêve. Pourtant, je suis presque certaine (ma lecture des œuvres de L. Frank Baum remonte à loin!) que, dans sa version littéraire, le monde d’Oz existe vraiment! Le théâtre de la roulotte ont décidé de suivre dans la voie du film : Dorothée se serait assommée avec une boîte aux lettres et aurait rêvé le reste. Je DÉTESTE que l’on nie l’existence d’un monde imaginaire de la sorte! C’est un peu comme dire : la dernière heure que vous venez de passer avec nous compte en fait pour très peu! Il faut assumer les mondes que l’on crée et les aventures qui s’y passent. Sinon, au moins laisser planer un doute suffisant pour que le spectateur puisse décider par lui-même de ce qui fait partie ou non de la réalité. Ceux qui ont vu « Pan’s Labyrinth » et un film récent que je ne nommerai pas (par crainte de causer des « spoilers ») comprendront ce que je veux dire.

Quand les délais viennent de moi!

Je me suis récemment plainte des délais dans l’industrie de l’édition. Malheureusement, cet été, si ça traîne, ce sera ma propre faute! C’était mon premier été avec ma fille à la maison, puisque ce sont ses premières « grandes vacances scolaires ». Le dernier mois a donc été principalement occupé… à l’occuper! Je suis d’ailleurs possiblement aux glissades d’eau au moment même où vous lisez ces lignes! Un mois de juillet pas du tout tranquille, mais tout de même merveilleux, à sa manière!

À partir de la semaine prochaine, j’ai plus de liberté, puisque j’ai prévu quelques activités libératrices tels camps de jours et visites de grands-mères. Par contre, chaque seconde de cette autonomie fraichement retrouvée sera utilisée pour des contrats. Si les étés sont souvent calmes côté pige, celui-ci fait grandement exception à la règle! Le boulot ne manque pas!

En septembre, des vacances sont prévues! Je pense d’ailleurs utiliser cette phrase en mantra si jamais le jonglage travail-enfants ne se fait trop lourd dans les prochaines semaines!

Bref, jusqu’à octobre, je laisse en plan…

  1. Terra Incognita Tome 4 auquel il manque trois chapitres pour un premier jet
  2. Mon conte de Noël en vers sur lequel j’ai eu des commentaires et que je dois retravailler
  3. Un projet de bande dessinée qui avance, de toute manière, seulement tous les six mois
  4. Un roman 6-8 à placer
  5. Une perche tendue à saisir, sur laquelle je ne peux dire plus pour l’instant!

En fait, plutôt que de continuer ce billet, je vais de ce pas régler le dernier point de cette liste. Certaines opportunités ne peuvent être offertes en sacrifice à l’autel de la surcharge d’activité!

Mes enfants, ces héros

Candy et sa meilleure amie: AnnieUne des (nombreuses) choses que les élèves me demandent régulièrement lors des animations scolaires, c’est si je planifie raconter un jour les aventures de mes enfants en romans. Romy à la plage, Ludo fait du ski, très peu pour moi.

Ce n’est pas que je ne trouve pas mes enfants inspirants! J’ai simplement peur de leur imposer une vision idéalisée d’eux-mêmes en couchant leur identité sur papier. On s’identifie très facilement aux personnages qui portent notre nom. D’ailleurs, le site de l’AEQJ offre une base de données de personnages principaux, afin de permettre aux parents de trouver des œuvres qui comprennent le nom de leur enfant, espérant ainsi créer un « moment magique » qui fera d’eux des lecteurs pour la vie. Mais c’est lourd d’avoir un personnage qui porte le même nom que soi. Ça impose une personnalité, un modèle possiblement loin de notre caractère réel. À quel point ai-je moi-même été influencée, enfant, par la comédie musicale qui porte mon nom, ou encore par la meilleure amie de Candy (voir photo)? La réponse n’est pas nette, mais mérite suffisamment réflexion pour que je n’embarque pas ma propre progéniture dans ce jeu.

Avec une telle opinion, il pourrait sembler paradoxal que j’écrive des histoires personnalisées, puisque je me retrouve alors en possession de « Romy et l’œuf de dragon » et autres histoires destinées spécialement pour ma fille. Ces histoires sont écrites spécifiquement pour que le héros puisse être « n’importe qui ». Selon le principe graphique que plus le personnage est simple, plus l’identification est universelle, il ne s’agit que de pantins, tout au plus des silhouettes de personnages.  L’enfant peut ainsi se transposer lui-même, tel qu’il est, dans l’histoire sans se faire imposer ni qualités ni défauts.

Les scarpassons : anatomie de création d’espèce fantastique

Illustration réalisée par Sarah Chamaillard pour Terra Incognita: Pirates à bâbord!

Dans « Lanfeust Mag », l’incroyable scénariste de bande dessinée Christophe Arleston tenait une chronique dans laquelle il décrivait une créature fantastique de son cru. Cet exercice m’impressionnait toujours énormément. « Mais où prend-il toutes ses idées » me demandais-je avec la naïveté du bleu qui n’a tout simplement jamais essayé.

Avec chaque album de Terra Incognita, mon propre bestiaire se forme, et je suis la première surprise de constater que les créatures s’inventent plutôt facilement! Certaines ne sont présentes que pour donner un peu de couleur à l’ambiance et leur description se limite à une ou deux caractéristiques particulières, alors que d’autres, comme le singe de l’illustration juste à côté, jouent un rôle majeur et sont un peu plus développées. Pour le tome 4 que je suis présentement en train d’écrire (plus que 3 chapitres et un épilogue, yé!!!), j’ai créé une race d’insecte: les scarpassons, avec assez de détail. Voici un peu le processus de création.

D’abord, il y avait certaines caractéristiques dont j’avais besoins pour les péripéties déjà décidées:

  • – Il devait s’agir d’insectes
  • – Ils devaient voler un objet échoué au fond de la mer.
  • – Ils devaient cacher ledit objet dans un souterrain complexe, accessible pour un enfant, mais pas un adulte.
  • – Ils ne devaient pas être sensibles aux phéromones, contrairement à la plupart des insectes.

À parti de ces caractéristiques obligatoires, les autres propriétés ont découlé de manière toute naturelle.

Voler un objet brillant caché sous l’eau :

Les créatures seront donc amphibies. Du coup, leurs six pattes sont devenues palmées. La possibilité de plonger exige que leur densité corporelle soit suffisamment lourde pour ne pas flotter, ce qui rend la capacité de vol impossible. On est donc plutôt « Blatte » que « Hanneton ». Puisqu’il leur faut une raison valable pour aller dans l’eau, j’ai choisi le corail comme source d’alimentation. Finalement, pour justifier le vol d’objet, je leur ai simplement donné une fascination pour tout ce qui brille, à l’instar des pies voleuses.

Les souterrains :

Pour qu’ils puissent creuser leurs souterrains, je leur ai installé des griffes au bout des palmes, à la manière des taupes. J’ai ensuite estimé leur taille à celle d’un chien de petite taille (un peu plus gros qu’un grille-pain), afin que les galeries laissent pénétrer un enfant de justesse.

Insensibilité aux phéromones :

Cette insensibilité est facilement justifiée par le fait qu’ils sont amphibies, et que les phéromones ne se déplacent que difficilement dans l’eau. Leur sens principal est donc devenu la vue, ce qui marchait merveilleusement avec leur attrait pour tout ce qui brille. Cette dernière découverte m’a également permis de parfaire la justification pour le vol d’objet brillant : ces insectes posent des objets brillants partout dans leurs tunnels pour amener la lumière du jour jusqu’aux plus profonds recoins, puisqu’ils utilisent le sens de la vue.

Il ne restait plus que le nom, pour lequel j’ai choisi la première syllabe d’un insecte connu (scarabé = scarpasson) pour créer une association subtile dans l’inconscient du lecteur!

Ode à mon illustratrice!

Lorsqu’est venu le temps de parler illustrations pour mon premier roman, j’ai demandé la permission à mon éditrice de lui proposer quelqu’un. Elle a accepté, se gardant, évidemment, un droit de véto sur réception du porte-folio. J’ai donc envoyé un courriel a plusieurs de mes amis illustrateurs. Sarah Chamaillard a été la première à répondre, en mentionnant qu’elle en rêvait depuis longtemps.

C’est ainsi que Sarah est devenue l’illustratrice attitrée de Terra incognita! Mon éditrice a été si ravie de son travail qu’elle fait désormais souvent appel à elle. À chaque fois, Sarah réussit à donner à chaque livre une signature graphique qui lui est propre. En voici trois exemples.

Elle a, depuis, été remarquée par d’autres éditeurs! C’est ainsi qu’elle a illustré la dernière série « Epizzod » des éditions de la Courte Échelle soit « Psy malgré moi». En plus de la couverture, chaque livre comprend également un petit résumé de style Manga en début de volume!

J’ai reçu les illustrations intérieures du Fantôme du caporal poltron la semaine dernière, et, comme toujours, je suis époustouflée! Les enfants me demandent souvent, lors des périodes de questions d’animations scolaires, s’il m’arrive d’être déçue de voir en images ce que j’avais d’abord créé dans ma tête! La réponse : jamais! Les images dans ma tête sont floues, à la limite du bonhomme allumette; c’est toujours du pur délice que de voir l’interprétation qu’en fait Sarah! De plus, j’ai l’impression que, autant mon écriture s’affine d’un tome à l’autre, autant son dessein en fait autant! Déjà, du premier au deuxième, les émotions des personnages se faisaient plus ressenties. Cette fois-ci, elles sont telles que même le cheval au galop semble décidé d’atteindre son but avant la catastrophe. Côté composition, les dernières illustrations reçues utilisent les tons de gris avec brio, et offrent des plans multiples et complexes qui donnent une profondeur tout en richesse. Auteure très contente!

Curieux de les voir? Je vais demander la permission à mon éditrice de vous en montrer quelques-unes, mais ça risque d’aller à la fin de l’été, alors que la parution approchera! Patience!

Les fautes attrapées de justesse!

J’exprimais, dans un billet récent, ma lassitude face à la relecture avant impression. À quoi peut bien servir tant de révision, se demanderont certains! J’ai donc décidé de partager avec vous certaines de ces fautes qui seraient « passées tout droit »!

Il y a, évidemment, quelques virgules et répétitions de mots, parfois causées elles-mêmes par des corrections antérieures.

Il y a les corrections déjà acceptées, mais qui nous chicotent. Acculés au mur de la publication, on prend le taureau par les cornes! Un exemple ? Dans la phrase suivante : « Jessica considère le prendre par surprise et lui subtiliser son uniforme. », le verbe « considérer » avait été changé par « compte » par la correctrice, substitution que j’avais moi-même acceptée. Mais depuis deux relectures, le mot me dérangeait, le sens en étant trop différent. En effet, Jessica n’a jamais décidé de poser le geste, elle en étudie seulement la faisabilité. Dans la version finale, la phrase sera donc : « Jessica examine la possibilité de le prendre par surprise pour lui subtiliser son uniforme. »

Parfois, à force de vérifier l’orthographe, on en oublie de vérifier le sens. Ainsi, j’ai trouvé deux erreurs intéressantes vers la fin. En page 95, le roi s’exclamait : « Un seul cri de ma part et des douzaines de gardes entreront dans cette chambre. » Quelques pages plus loin, faisant référence à cette semi-menace, il avoue : « Tout à l’heure, lorsque j’ai dit que je pouvais compter sur cent gardes, j’exagérais. » Oups! Les gardes se multiplient!!!

Je vous laisse découvrir la dernière vous-même! Voici la phrase :

« Le garçon, à quatre pattes, monte une seule marche par roulis; il attend patiemment, avant de lever le pied, que le mouvement de balancier du bateau lui offre un plancher à l’horizontale. »

On a dû le lire des dizaines de fois avant que l’erreur ne nous saute aux yeux!

2,7 livres par enfant par année suffiraient à faire vivre les auteurs jeunesse du Québec!

Je suis tombée, via le site « Le lecteur », sur un billet de Steve Proulx, intitulé « Noyade Culturelle », qui m’avait échappé lors de sa publication. L’auteur y déclare avoir fait l’exercice Ô combien intéressant, de calculer le nombre de roman que devraient acheter chaque famille canadienne « pour que les 17 000 écrivains canadiens puissent tirer de leurs écrits un revenu moyen de 30 000 $ ». Sa réponse : 50 romans par famille.

Comme j’adore jouer avec les chiffres, j’ai décidé de faire le même exercice pour les romans jeunesses québécois!!

Premier chiffre à obtenir : le nombre d’auteurs de romans jeunesse québécois. J’ai compté le nombre de membres de l’association des écrivains québécois pour la jeunesse listés sur leur site. Évidemment, mon échantillon n’est pas complet, puisque plusieurs personnes publient sans faire partie de l’association. D’un autre côté, certaines personnes considèrent l’écriture comme un passe-temps sans aucune intention d’en vivre, et l’adhésion à l’association constitue une preuve d’implication dans ce métier. J’ai donc auto-déclaré mon échantillon comme acceptable. Résultat : 105

(Note : j’en ai profité pour faire ma propre demande!)

J’ai évincé l’idée de « famille », puisqu’une famille de 5 enfants n’achètera pas le même nombre de livres jeunesse qu’une famille moins nombreuse. Mon calcul sera donc plutôt « par enfants ». Le site du ministère dénombre 950150 enfants de 0 à 11 ans en 2007, dans un monde idéal où aucuns enfants ne meurent, on peut extrapoler ce même nombre pour une démographie de 2 à 13 ans, donc pile poil le public-cible dit « jeunesse », pour 2009.

Il ne me manque qu’un seul chiffre, mais non  le moindre : la prix moyen des livres jeunesse! Ce sera mon nombre le plus approximatif : je le fixe à 12$, ce qui me semble raisonnable.

On met le tout dans la formule. Pour les férus d’algèbre, imaginez que « nb_livre_annuel »  est notre valeur « X » à trouver!

Réponse : 2,7

Il suffirait donc que chaque enfant reçoive à peine 3 livres québécois par année pour faire vivre les 100 auteurs jeunesse de la province! Je dois avouer que je m’attendais à beaucoup plus! Mon chiffre a beau être approximatif, il est fort encourageant! Pourquoi si peu d’auteurs en vivent-ils, alors? Je me prends soudainement des envies de connaître le nombre de romans jeunesse vendues annuellement, et encore plus la proportion des livres qui sont québécois dans le lot!

Ces mots que l’on m’impose

Mon premier souvenir d’écriture me vient d’exercices qui revenaient à fréquence régulière lorsque j’étais en quatrième année. Le professeur nous demandait d’écrire cinq phrases incluant chacune un des 10 mots de vocabulaire de la semaine. Non contente d’obéir comme un simple zani, j’écrivais plutôt des récits épiques, mettant en vedette Maurice, mon toutou préféré (voir photo), complet avec page couverture dessinée au crayon feutre Crayola.

Plus récemment, des amis m’ont mise au défi via Facebook, d’insérer certains mots dans mes prochains manuscrits. Ainsi, Le fantôme du caporal poltron comprend le mot « grand-guignolesque », et le suivant comprendra le mot « sphaigne » par la faute de Guillaume et Jean-Pascal.

Vous comprendrez donc que lorsque Mélanie Robert, que je suis sur Twitter, a parlé d’un défi d’inclusion de mots dans les billets de blogue, je n’ai pu résister! En effet, l’auteure de Livres; bouquins; lectures; etc. met tout blogueur au défi d’utiliser un minimum de cinq mots parmi les 26 qu’elle a choisi.

J’ai choisi la voie facile de n’en inclure qu’un à chaque fois, ne serait-ce que pour faire durer le plaisir! Et pour commencer en beauté, j’en ai déjà inclus un dans celui-ci! Notez d’ailleurs que j’utilise tout simplement « Antidote » pour les définitions! Pour les plaintes si jamais j’utilise un mot de manière non-conventionnelle, prière de s’adresser à Druide!

La révolution de l’auto-publication, non-merci pour moi!

Réflexions suite au merveilleux article « The democratization of slush » que j’ai découvert grâce à la non moins merveilleuse Geneviève Lefebvre

picture by gfoots on flickrLe texte mentionné plus haut parle des répercussions des  nouvelles possibilités d’auto-publications sur les lecteurs. J’allais écrire un billet sur mon propre point de vue de lecteur, lorsque l’envie d’en parler plutôt en tant qu’auteur m’est venue. Dans le texte, il est dit que cette révolution sera « gloriously liberating for authors. » Pourtant, à chaque fois qu’on me parle d’une possibilité d’auto-publication, j’ai plutôt envie de me mettre en position fœtale. Je n’ai pas du tout l’impression d’être une « grande auteure incomprise des maisons d’édition ». Au contraire, lorsqu’un de mes manuscrits se voit refusé par tous, j’ai tendance à le relire avec recul afin de tenter de l’améliorer. Autant j’admire le courage de ceux qui choisissent la route de l’auto-publication, autant je n’ai pas envie de l’emprunter… pour toutes sortes de raisons.

  • L’éditeur comme gardien de la qualité
    Ma confiance envers la qualité de mes textes dépend des jours. Le tout oscille entre « ça devrait gagner des prix » et « c’est juste bon pour la poubelle » selon le jour, l’endroit, et l’heure. Lorsqu’un de mes livres arrive sur le marché, sa sortie s’accompagne toujours d’une petite angoisse d’imposteur. Mais à chaque fois, je peux me calmer grâce à cette certitude que, si c’était une merde, l’éditeur ne l’aurait pas choisi pour publication.
  • L’éditeur comme améliorateur de manuscrit
    Chacun de mes livres, à date, à grandement bénéficié de l’œil critique de mon éditrice. Amélioration de style, de choix de mots, de syntaxe, c’est un peu, à chaque fois, comme si je n’arrivais qu’à parcourir 80% du marathon, et qu’elle me prenait sur son dos pour compléter le tout. Sans compter l’embauche d’une correctrice, sans laquelle mes livres seraient loin du sans-faute!
  • L’éditeur, pour s’occuper de tout ce qui m’embête
    Tout ce que j’ai envie de faire, c’est d’écrire, toute seule à mon portable. Qui dit auto-publication, dit autopromotion, et donc, auto-emmerdement! Je fais, évidemment, ma part de promotion en tant qu’auteure, entre autres lors des salons du livre et des animations d’écoles. Mais pour chacune de ces occasions, je n’ai qu’à me pointer à l’heure dite et à jaser avec les lecteurs, tâche, après tout, plutôt agréable! C’est l’éditrice qui contacte tout ce beau monde, réserve et monte le kiosque dans le salon, convainc les librairies de nous proposer dans les écoles, etc. De plus, je ne suis pas obligée d’envoyer des communiqués de presse aux journaux, de payer un graphiste pour la maquette, de courir après l’illustratrice en retard, etc, etc… et j’en suis fort aise!

Vous noterez que je n’ai rien mentionné en rapport à la distribution, qui reste un des gros morceaux du travail de la maison d’édition. Je l’ai fait exprès, pour bien indiquer que mon opinion sur l’utilité des éditeurs et éditrices ne s’éteindra pas avec la venue de la distribution électronique!

Bref, faites le travail vous-mêmes si le cœur vous en dit; autoéditez-vous tant que vous le voudrez! Pour ma part, je ne suis que trop heureuse de laisser quelqu’un d’autre s’en charger à ma place!