Tous les articles par Annie Bacon

La tendance « les filles d’un côté, les garçons de l’autre »

Lors d’un salon cette semaine, j’étais installée juste à côté d’un présentoir « fille ». Sur ses rayons : Le Dico des filles, L’encyclopédie des filles et l’ABC des filles, tous de maisons d’éditions différentes, se cotoyaient. En fouillant un peu, j’ai également trouvé « La BD des filles », « le Manuel des filles » et même « la BD des filles »!

De l’autre côté du chromosome, le phénomène ne semble pas encore avoir atteint notre coin de pays, puisque je n’ai trouvé que « 211 idées pour devenir un garçon génial », traduit de l’anglais. Chez les Américains, par contre, la tendance va bon train, le grand succès de la série « Dangerous Books for Boys »  ayant inspiré de nombreux imitateurs!

Le tout a sans doute une grande signification sociologique : l’acceptation de la différence entre les deux sexes après des années à penser qu’il suffirait d’acheter des poupées aux garçons et des camions aux filles pour que ces différentes s’effacent? Un grand manque de modèles pour apprendre aux garçons et aux filles ces choses importantes qui ne s’enseignent pas à l’école (mettre du poli à ongle d’un côté, faire un lance-pierre de l’autre)?

Qui sait! Personnellement, je voulais simplement souligner la tendance!

Pensées en vrac après une journée intense d’animations scolaires:

Il faut avouer que, comme prémices à une histoire improvisée sur place, un personnage qui aime couper des têtes (proposé par un élève de Varennes), ça permet des péripéties plus exhaltantes qu’un personnage passionné de football.

On peut parfaitement aller faire une animation scolaire à Contrecoeur sans pour autant aller faire une animation scolaire à contrecœur.

L’école du Moulin utilise le thème de Star Wars comme sonnerie de récréation… dommage qu’ils n’aient pas la marche de l’empire comme cloche de retour en classe!

Ce qui est super d’être installée dans la bibliothèque pour faire les animations, c’est qu’on peut lire des BD durant pauses!

Maxime Roussy avait raison : sortir un élève, ça replace des choses!

Bon, « quel est ton animal favori » n’est pas la première question qui me viendrait en tête à poser lors d’une période de questions avec un auteur, mais, après tout, pourquoi pas!

Passer par la maison prendre ses courriels entre deux animations, c’est merveilleux!

Un enfant qui te raconte un livre qu’il a lu, c’est difficile à interrompre, et rarement intéressant!

Les élèves de 3e et 4e années ne lisent pas de manga. Surprenant.

Ils ne savent pas non plus qui est Vasco de Gama. Moins surprenant.

Ça fait toujours un petit velours de découvrir un personnage de roman qui porte notre nom. Imaginez ce gosse de Pointe-aux-Trembles prénommé Amos!

Après quatre animations dans deux villes différentes dans la même journée, on rentre gonflé à bloc… et on s’écroule vers 20 heures!

Porte-à-porte au salon!

En récupérant mes trois anciens textes de jesuisleheros.com, j’ai également récupéré les droits sur une idée en chantier. Une idée qui me travaillait depuis longtemps, et que je considère être ce que j’ai fait de meilleurs à ce jour. Pour couronner le tout, c’est un projet construit en collaboration avec Anouk Lacasse, illustratrice extraordinaire.

Il s’agit, une première pour moi, d’un album illustré. Trois doubles-pages sont prêtes à être montrées à des éditeurs, histoire de les aguicher, car nous n’avons l’intention de compléter l’album que si un éditeur se montre intéressé.

Et c’est là que je désire essayer quelque chose de  nouveau!

Plutôt que d’imprimer de multiples copies à envoyer dans de banales enveloppes jaunes, je considère amener le tout dans un porte-folio au Salon du livre, et faire du porte-à-porte dans les kiosques des différents éditeurs jeunesse. Je sais de source sure que les éditeurs détestent se faire donner des manuscrits dans les salons, puisqu’ils sont ensuite pris avec des piles monstrueuses de papier. Mais mon cas est particulier.

Premièrement, vu la qualité des images, j’aime mieux leur montrer les feuilles 11 x 17 dans toutes leurs splendeurs que de devoir tout plier dans des enveloppes, aussi grandes (et jaunes) soient-elles. Une fois le contact établi, je pourrai toujours prendre leur carte d’affaires et leur envoyer le tout par courriel pour qu’ils étudient le tout dans la tranquillité de leur bureau.

Deuxièmement, c’est un projet difficile à classer dans une collection particulière. Pas assez narratif pour être un album, et pas assez éducatif pour être classé documentaire, je ne suis pas trop certaine à quels éditeurs l’offrir, et encore moins pour quelle collection! En toute honnêteté, je ne suis même pas certaine du public-cible! Au pire, la discussion avec l’éditeur me permettra simplement de mieux cibler mes envois.

Il reste une grande question à mon plan : est-ce que les éditeurs sont présents dans les salons? Je sais que Liliane Lord des Éditions Phoenix (ou sont publiés Terra Incognita) y est toujours, et que certains ne se présentent pas aux salons en région, mais viennent faire leur tour à celui de Montréal. Si je ne m’abuse, il y a une journée des professionnels au salon, ce qui augmenterait mes chances.

Mais pourquoi donc les éditeurs n’ont-ils pas des plages horaires officielles de présence au salon comme les auteurs? Les auteurs pourraient venir y faire la file pour des signatures (sur des contrats). Ce serait pas mal, non?

Relire de vieux textes

Je viens de récupérer les droits sur trois histoires écrites, il y a trois ans, pour jesuislehéros.com. Les éditions du Mille-pattes m’en avaient alors commandé six, et n’ont finalement publié que les trois premières.

Je savais que je devrais les retravailler si je désirais avoir la moindre chance qu’un autre éditeur les prenne. Le propre des histoires personnalisées est d’offrir un héros assez « beige » pour que tous et chacun puissent prendre sa place. Un héros très actif, mais sans personnalité aucune. En fait, même son nom n’est qu’un exemple, qui sera substitué selon le bon désir du client.

Je m’attendais donc à un peu de travail… jusqu’à ce que je relise lesdits textes! Ouch! Je ne me suis même pas rendue à la deuxième page! Je trouve le tout insupportable! Il faut dire que je débutais à peine en écriture lorsque je les ai écrits! Un seul roman derrière la cravate, toute petite débutante. Quatre romans plus tard, ma plume s’est affinée, mon style s’est épanoui. Une fois le désespoir de ma relecture passée, je suis au contraire absolument réjouie de voir l’amélioration de mon écriture durant ces trois petites années!

J’inscris donc deux de ces trois textes à ma « to-do list ». Le premier serait parfait pour offrir à une amie directrice littéraire qui m’avait déjà demandé de lui fournir des textes. Le deuxième serait envoyé à Bayard, il y a longtemps que j’ai envie de tenter l’aventure de la soumission magazine. Le troisième?  Je suis un peu embêtée pour celui-là! La trame semble être identique à celle du livre d’un collègue, publié dans les derniers mois. C’est comme ça, parfois, avec les muses! Elles donnent la même idée à plus d’une personne en même temps! Je crois que je vais le laisser dormir sur sa tablette.

Mais avant tout, terminer mon manuscrit de Terra Incognita tome 4! J’ai les deux prochains jours et demi à y consacrer si tout va bien. Je devrais pouvoir avancer un peu.

Je ne me considère pas « chanceuse » d’être auteure

Hier, Jonathan Reynolds publiait un billet passionné sur sa vision du métier d’auteur. La phrase suivante m’est restée en travers de a gorge : « N’oubliez jamais que ce n’est pas un droit d’être auteur, c’est une chance! ».

Est-ce qu’un plombier, un médecin ou un architecte se considère chanceux d’exercer leur métier? Tous les auteurs que je connais, et particulièrement ceux qui en vivent, y sont arrivé à l’aide d’une discipline de fer et de beaucoup, beaucoup de travail! Leurs succès, ils les ont mérités! Heureux de pratiquer le métier qu’ils aiment? Absolument! Mais la chance n’a rien à y voir.

L’édition n’est pas une loterie! L’éditeur ne nous « fait pas une faveur » en publiant notre livre! Il le choisit pour sa qualité, résultat direct des capacités de l’auteur et de l’effort fournis pour utiliser ces capacités à leur maximum.

Rendons-lui tout de même son due : la chance est une excellente accélératrice de carrière et amplificatrice de succès! Les bonnes personnes rencontrées, le bon thème traité au bon moment, certaines coïncidences peuvent propulser un auteur vers les hautes sphères des palmarès plus rapidement qu’il ne l’aurait fait de par lui-même. Mais le moindrement que son talent était soutenu par une saine ardeur au travail, il aurait fini par arriver tout de même à exercer ce métier.

Lorsque l’on caresse la première copie de son livre, il ne faut donc pas se considérer chanceux, mais bien savourer la juste récompense d’années d’efforts et de sacrifices.

Geronimo Stilton : le chaînon manquant?

Je lisais, hier, un article du journal Le Monde, intitulé « Comment enrayer la chute de la lecture des enfants ? » Deux énoncés ont retenus mon attention. Le premier, une chute importante de lecteurs à l’âge où ils doivent graduer de l’album illustré au roman. Le deuxième, le questionnement de l’auteur sur une possible nécessité de rendre les livres plus ludiques. Je n’ai pu m’empêcher de penser à Geronimo Stilton.

Pour ceux qui ne connaissent pas cette série au succès phénoménal, Geronimo Stilton est une série italienne qui compte déjà plus d’une cinquantaine de livres et qui suit les aventures d’une grosse souris. Aucun auteur autre que la grosse souris elle-même n’est jamais mentionnée sur les œuvres, à un point tel que c’est le personnage en peluche qui fait les dédicaces dans les salons du livre, ce qui porte (fortement) à croire qu’elle appartient à l’Éditeur italien, qui passe des commandes à différents écrivains. La série existe sous deux formats : des petits romans courts et de grosses briques dans lesquelles l’aventure comprend de nombreux jeux et activités (du genre, trouvez la clé dans l’image pour que Geronimo puisse ouvrir la porte).

Jetez maintenant un petit coup d’œil sur une page intérieure d’un roman de Geronimo Stilton.

Selon mon article de Le Monde, le passage de l’album illustré au roman serait difficile. Geronimo Stilton, avec ses mots-images (je rougis écrit en rouge, « Rio Mosquito » accompagné d’insectes) et ses nombreuses illustrations couleur semble à cheval entre les deux genres. Le passage se fait plus facilement! Le chaînon manquant, donc! Lorsqu’un apprenti lecteur ouvre ce livre pour la première fois, il n’est pas intimidé. Il est en pays de connaissance, la seule différence est que les pages sont plus petites et plus nombreuses que celles des albums dont il a l’habitude.

De plus, avec les activités incluses dans ses romans-briques, Geronimo réussit à mettre un pied dans l’univers du jeu. Cet esprit ludique constitue un second atout pour le jeune lecteur. D’entrée de jeu, il n’a pas peur de s’ennuyer, malgré le nombre impressionnant de pages.

Il est facile de jalouser le succès de la série, mais il est peut-être également responsable de la conversion de bien des lecteurs d’albums en lecteurs de romans.

Échoue lamentablement dans sa tentative de prendre la défense du Québec

Dans un billet sur son blogue, Dominique Bellavance blâme le haut taux d’analphabètes au Québec pour les faibles ventes de livres.

Allez le lire, je vous attends.

J’allais lui répliquer par des statistiques superbement encourageantes d’une étude menée par le ministère du Patrimoine Canadien il y a quelques années, et selon laquelle « près de 9 Canadiens sur 10 (87 p. 100) ont indiqué avoir lu au moins un livre pour se détendre au cours des 12 mois précédant cette étude et que la moitié (54  p. 100) lit tous les jours ou presque »

Ces chiffres semblaient contredire complètement ceux cités par Dominique, et je pensais arriver avec mon flambeau d’optimisme pour dire que la situation n’était pas aussi déprimante que ça! C’est alors que je suis tombée, dans ce même résumé d’étude, sur un paragraphe parlant plus particulièrement du Québec :

« Les taux de lecture au Québec sont les plus faibles qui ont été mesurés au Canada. Selon l’étude du MPC, on estime que le pourcentage de Québécois qui lisent régulièrement des livres est maintenant de moins de la moitié (46 p. 100), et moins de 4 sur 10 (37 p. 100) lisent principalement des ouvrages littéraires (alors que ce pourcentage varie de 43 à 48 p. 100 ailleurs). Les taux de lecture chez les Québécois semblent être à la baisse, particulièrement chez les francophones. »

Ouch! Déprimant!

Seule devant une salle vide…

Photo prise par bass_nroll, disponible sur Flickr

Dimanche dernier, je donnais une animation au Salon du livre de Sherbrooke, à 10h30 le matin. Comme notre kiosque était installé juste devant la salle en question, j’ai pu l’observer tout à loisir : grande (énorme) et ouverte sur le salon, elle est loin des salles de classe et bibliothèques intimistes dans lesquelles j’ai l’habitude de rencontrer des élèves.

J’ai également pu y voir Caillou et Geronimo Stilton y soulever les foules. Les Beatles n’auraient pas fait mieux.

Lorsqu’est arrivé mon tour, c’est devant une salle vide, ou presque, que je me suis installée. Il faut dire que le salon avait ouvert ses portes à peine 30 minutes auparavant, et que mon nom n’attire pas vraiment les foules (ou, du moins, pas encore!!). Encore heureux que j’ai pu compter sur mon Éditrice et le plus que gentil Viateur Lefrançois  pour diriger quelques familles vers la salle, sinon, je n’aurais parlé que pour le preneur de son.

Parler devant une salle vide n’est pas un problème, mais malheureusement, mon animation est dans le genre très participatif, avec des questions et défis lancés aux spectateurs à une bonne fréquence. Dans une classe, où les élèves sont habitués à être sollicités, les mains fusent à une vitesse flagrante, et les réponses m’alimentent en matériel. Cette fois-ci, après chaque interrogation ou demande, on pouvait entendre les criquets.

Je me suis tout de même rendue au bout, bien qu’un bon 5 minutes en avance. Ma conclusion : j’ai besoins d’une deuxième animation, une mieux adapté à la réalité des salons, bien différente de celle des classes. Une animation moins conversationnelle, plus « spectacle ».

En attendant, je fais une deuxième apparition publique ce soir en tant que Paneliste aux « Mardi Internet » de l’Alliance Numérique. Et puisque nous serons quatre sur scène, si la salle est vide, nous pourrons toujours bien nous parler entre nous!

La vente : une drogue à forte dépendance

Je vous écris en direct du Salon du livre! Un contrat urgent m’a obligée à chercher refuge dans les coulisses, ou j’ai eu la jolie surprise de découvrir une chaise, une table, une prise de courant… ET une connection WiFi! Yé!  Je profite d’une petite attente de réponse courriel de sa part pour vous parler de ce sujet maléfique qu’est la vente!

Dans un monde idéal, les auteurs ne seraient dans les salons que pour rencontrer leurs lecteurs! Mais à moins de vendre suffisamment en librairie pour rendre l’impact des salons négligeable, nous y sommes également pour tenter de convaincre quelques visiteurs d’acheter un de nos volumes, qu’il nous fera par la suite grand plaisir de dédicacer.

Le plaisir que retire l’auteur d’un tel exercice est une question de tempérament. À la base, l’auteur a choisi ce métier par amour d’être en tête à tête avec un ordinateur. Le côté social de la vente ne nous vient donc pas nécessairement de manière naturelle. D’un autre côté, parler de nos livres est quelque chose que nous faisons, pour la plupart, très bien, ce qui nous permet de tirer notre épingle du jeu.

Ce n’est pas de l’exercice de vente qui me fascine aujourd’hui, autant que son résultat. Lorsqu’on est en « présence continue » dans un salon, il est parfois très difficile de quitter son poste parce qu’une pensée nous retient à notre chaise : l’envie de juste une petite vente de plus. Rationnellement, cette pensée ne fait aucun sens. Notre carrière ne se fera ni ne se défera sur une seule vente, et pourtant, cette pensée nous retient. On désire cette vente comme un junky léger désire un « fix »!

Lors d’une discussion avec mon frère hier, il a émis l’hypothèse que la vente était comme les jeux vidéo. On est retenu par le désir de faire un point de plus, de battre un record, de se rendre au niveau supérieur. Ça fait du sens : un défi difficile, un objectif clair, un succès mesurable, bref tous les éléments d’un bon gameplay!

À quand le premier « First person seller » sur X-Box?

Salon du livre de l’Estrie

C’est la saison des salons qui recommence pour moi, un peu en retard sur mes collègues qui étaient présents au Salon du livre du Saguenay! Le Salon du livre de l’Estrie est un des rares salons que je ferai en « présence continue », pour trois raisons très simples :

  • –  Mon éditrice y a son propre kiosque, ce qui offre plus de flexibilité
  • –  La date n’était pas trop éloignée de la sortie de mon dernier livre
  • –  J’y suis logée et nourrie chez ma maman, qui habite en Estrie!

De plus, je ferai une présentation dimanche matin à 10h30, ce qui devrait couvrir les quelques menues dépenses qu’entraine toujours un salon loin de chez soi!

Bref, mes heures de signatures approximatives :

Jeudi 14 octobre, de 9 h à 12 h et de 13 h à 21 h

Vendredi 15 octobre, de 9 h à 21 h

Samedi 16 octobre, de 9 h à 17 h (je fais le salon buissonnier en soirée!)

Dimanche 17 octobre, de 11h h à 17 h

Avis aux collègues distributeurs et distributrices de signets : si vous désirez prendre un break, un lunch ou un café, je suis partante!