Tous les articles par Annie Bacon

Écrire… par plaisir

Récemment, mon mari et moi jouions à « et si on était millionnaires ». Ayant des tendances plutôt paresseuses, je me suis demandé si j’écrirais dans une telle situation. Entendons-nous, tant qu’à avoir besoins d’un métier pour mettre du beurre dans les épinards, j’aime mieux écrire que faire n’importe quoi d’autre, mais si tous mes besoins monétaires étaient comblés, est-ce que je prendrais la peine de m’asseoir à l’ordinateur pour noircir quelques pages-écrans chaque jour plutôt que de simplement m’écraser dans un divan pour lire et jouer à des jeux vidéo?

Puis, cette semaine, quelque chose d’intéressant s’est produit. Je m’étais fixé quelques objectifs d’écriture avant l’arrivée du bébé, soit un premier jet du tome 1 de mon roman pour Courte Échelle, ainsi qu’une révision et un envoi de la deuxième partie des textes pour l’album illustré chez Boomerang. Une fois ces deux choses faites, j’ai pris une journées de paperasserie et bureaucratie, puis une journée à ne rien faire du tout.

La troisième journée, j’ai repris la plume.

Je me suis lancée dans une première relecture du roman Courte Échelle, sans objectif de productivité, sans obligation, par simple envie. C’était merveilleux!

L’ambition de vivre de l’écriture m’a poussé m’imposer à moi-même certains critères de productivité et certains délais dans les deux dernières années qui ont transformé le tout en obligation. Mais dès que j’ai du temps libre en quantité suffisante, une évidence me rattrape: si je n’écrivais pas, je serrais morte d’ennuie!

Est-ce que j’écrirais si j’étais millionnaire? Il semblerait bien que oui… mais peut-être pas au même rythme!

 

Lorsque les étoiles s’alignent… et que l’une d’entre elles tombe

Au printemps dernier, je suis allée au « Book Expo America » à New York. J’en suis revenue avec les noms de deux éditeurs américains intéressés à en savoir plus sur mon projet avec Boomerang. Le problème, c’est que rassembler le matériel additionnel en question a été long… très long… trop long! Si bien qu’hier, lorsque j’ai enfin envoyé le tout, l’un des deux courriels est revenu avec la notice « Madame XXXXX ne travaille plus chez nous ».

ZUT!

Évidemment, tout n’est pas perdu et je vais tout de même envoyer le tout à sa remplaçante, mais cette dernière ne m’a pas rencontré, je ne lui ai pas présenté le concept sur papier, en personne, dans toute sa splendeur. Est-ce qu’un simple message accompagné de JPEG pourra vraiment avoir le même effet?

Une opportunité ratée.

Il y en aura d’autre.

Si mon passage au BEA m’a appris quelque chose, c’est que ce projet sera vendu à l’international éventuellement. Peut-être pas aux États-Unis, pas nécessairement grâce à mes efforts personnels, probablement pas avant d’être au moins complété et imprimé, mais il s’y rendra!

La fin des vacances… de nos glorieux!

 

J’en ai parlé lorsque j’ai obtenu le contrat , et une seconde fois pour décrire le processus de création : j’ai vécu ma première véritable expérience professionnelle de scénarisation de bande dessinée cet été, grâce à l’illustrateur Martin Roy. Les derniers strips sont passés il y a une ou deux semaines, voilà donc le temps d’un petit bilan.

Pour les curieux qui ignorent de quoi je parle, j’ai créé une page « Les vacances de nos glorieux » à l’intérieur même du site, ce qui m’a d’ailleurs obligée à changer l’étiquette « Mes livres » pour une catégorie « Publications », puisque ces bandes dessinées n’ont existé que dans les pages du Journal de Montréal.

Je suis extrêmement contente de l’expérience! Après avoir accepté le contrat dans l’euphorie, j’ai bien eu quelques moments de doutes. Ma première angoisse : suis-je capable de parler de hockey, moi qui n’y connais rien? Comme de fait, depuis que je ne vis plus sous le même toit que mon grand frère, tout nom de joueur, statistiques, et état général de la LNH me sont devenus complètement extérieurs à mon quotidien. Mais avec un heureux mélange d’abonnement à la Presse, de recherches sur le site du journal de Montréal et d’utilisation intense de Wikipédia, les tics et personnalités des joueurs n’ont bientôt plus eu de secrets pour moi!

Deuxième angoisse : suis-je capable de faire de l’humour? Je considère, dans la vie de tous les jours, comme quelqu’un de relativement drôle, mais j’ai eu la surprise, m’étant mise à l’écriture, que l’humour était pratiquement absent de mes manuscrits, au profit de l’aventure, de l’action et de l’émotion. Mais il semblerait que l’humour marche exactement de la même manière que mes autres inspirations : donnez-moi une chaise et un « deadline »,  et les idées fuseront.

Quelques trucs que j’ai appris en cours de route:

  • –  La bande dessinée en trois-quatre cases est un médium très précis. Trouver la blague n’est qu’une infime partie de l’équation, le succès de cette dernière dépendra du langage visuel utilisé, du dialogue, etc.
  • –  Si trouver plusieurs idées de blague est souvent facile, décider de la valeur de chaque est plus compliqué. Ainsi, j’ai souvent envoyé à Martin Roy plus d’idées qu’il n’en fallait, le laissant ainsi choisir avec un œil externe (et un œil plus habitué au médium visuel) les trois meilleurs.
  • –  Il est plus facile de rire des mauvais joueurs que des bons! C’est le principe du caricaturiste. Plus le sujet est laid, plus le travail est facile!

En conclusion, j’ai ADORÉ l’expérience et suis même pas peu fière des résultats! Tenez-vous-le pour dit : ça ne sera pas ma dernière incursion dans ce médium! Avis aux illustrateurs férus de phylactères, dès que mon carnet de danse se libère, je passe à l’attaque!

Toujours trop court!

Jeudi dernier, j’ai terminé le premier jet de mon Tome 1 de la série d’aventure pour Courte Échelle. Après la préparation du plan, tout a bien roulé sauf un tout petit détail : malgré le grand nombre de chapitres prévus au plan, le résultat est trop court pour respecter le contrat. Trop court de 3 pages, pour être précis. De manière amusante, je suis arrivée, exactement, au nombre de pages des tous mes manuscrits Terra Incognita, soit 72 (17 000 mots pour ceux qui comptent plutôt comme ça). On dirait que c’est mon chiffre magique… je devrais peut-être essayer de le jouer à la loto!

Faire trop court a toujours été mon plus grand problème en écriture. À l’école, lorsque le professeur demandait un travail de 10-15 pages, je ne dépassais jamais les 9 feuilles, et devait faire des miracles de mise en page (paragraphes aérés, marges agrandies, Police de caractère légèrement plus grande, etc.) pour réussir à remplir les exigences requises. Non pas que je manquais de matériel, aucun professeur ne s’est jamais plaint que le contenu du texte manquait de substance. J’ai une écriture concise, voilà tout!

Remarquez, écriture concise et écriture jeunesse se conjuguent à merveille! Et j’ai déjà vu pire que moi! Je me souviens avoir lu un simple chapitre de Celtina (coucou Corinne!) et m’être dit que ces cinq petites pages recélaient d’assez de contenu pour écrire un demi-roman.

Ne vous en faites pas pour mon manuscrit, je le laisse macérer quelques jours, le temps de régler un petit contrat, et je trouverai bien quelques paragraphes manquant lors de la réécriture.

Eh oui, certains auteurs coupent de moitié à la relecture; moi, j’ajoute! À chacun son style!

Hunger Games et la différence en romance selon le public cible

Après avoir lu le premier livre de la très populaire et très aimée série « Hunger Games », je n’avais qu’une seule critique : le pourcentage trop élevé de temps accordé à l’analyse, par l’héroïne et narratrice Katniss, des faits et gestes de son pendant masculin, Peeta. Cette surabondance m’énervait, jusqu’à ce que je rappelle mes propres amours adolescentes. N’ai-je pas moi-même déjà noirci, à l’adolescence, plusieurs pages d’un journal intime à inventer mille et une raisons pour lesquelles Vincent Hébert m’aurait emprunté un crayon? Il faut croire que l’analyse inutile de gestes anodins fasse partie de cette phase de la vie, du moins pour les filles.

Ce qui m’amène à une grande réflexion sur la différence entre la romance en littérature « adulte » et en littérature « ado ».

Du côté des ados, et, par association, dans la littérature « jeune adulte », tout est une question de « est-ce que je l’aime? » et de « m’aime-t-il en retour? », alors que, pour les adultes, il s’agit plutôt de comprendre « Mais où diable cette relation s’en va-t-elle? ». Un peu comme si, avec la maturité, on apprend à reconnaître la présence d’amour chez soi comme chez l’autre, mais qu’on a également appris que cette dernière ne suffit pas à l’élaboration d’une relation harmonieuse.

D’ailleurs, chez les ados, une fois le premier baiser échangé, tout est dit, alors que, chez les adultes, plusieurs longues nuits de passions peuvent s’écouler sans que la trame narrative n’ait atteint son paroxysme. Ami, amant, amoureux exclusifs, mari et femmes, les adultes ont accès à plus de choix dans l’étiquetage de leurs relations et chaque passage ne se fait qu’avec sa part de drame… et de romance!

Deux jolis exemples : dans Sex and the City, on a beau savoir, avec certitude, que Carrie Bradshaw et Mr. Big s’aiment, leurs tribulations amoureuses ne nous tiennent pas moins en haleine. Du côté « jeunesse », une fois que Ron et Hermione (SPOILER ALERT) se sont embrassés dans Harry Potter, on peut passer directement à l’épilogue : « ils vécurent heureux et eurent de nombreux enfants ».

Sinon, un dernier petit commentaire sur Hunger Games : je voudrais saluer le brio avec lequel l’auteur réussit à naviguer le terrain délicat qu’est le concept de « des adolescents qui s’entretuent ». La plupart des morts surviennent en périphérie de l’action (au cinéma, on dirait « off screen »), et Suzanne Collins réussit à garder les deux héros à la fois actifs et « propres » en ne les rendant responsable que de morts accidentelles, mort par pitié pour quelqu’un qui souffre, ou encore en présentant la victime comme un meurtrier qui l’a bien mérité. De toute façon, l’héroïne agonise bien moins sur sa première victime humaine que sur les états d’âme de son peut-être amoureux à la maison! Question de priorité!

Écrivain salarié, ça vous tente?

Je viens tout juste de terminer la lecture d’un excellent article du Guardian qui parle de la survie des auteurs dans un monde où le prix des divertissements tend vers zéro.

Si, dans l’introduction, son hypothèse que, dans une génération, le métier d’écrivain tel qu’on le connait sera disparu peut choquer, son argumentation est bonne, citant la diminution actuelle des avances payées par les éditeurs ainsi que de multiples exemples d’autres industries dans lesquelles le prix d’une commodité (film, photo, musique) est de plus en plus faible.

J’aurais tendance à crier « foutaises », mais voilà que mes dernières lectures d’articles sur l’autopublication racontent un processus audacieux par lequel les auteurs vendent leurs livres 99 cents jusqu’à ce que ceux-ci se voient propulsés dans les palmarès, où le livre jouira d’une grande visibilité. D’ailleurs, l’industrie du livre jeunesse au Québec n’a pas attendu le numérique pour offrir des livres (et créer d’immenses succès) avec un tel prix! Évidemment, dans les deux cas, le livre finit par reprendre un prix normal, mais ce qui est insidieux avec des prix aussi bas, c’est que le consommateur pourrait s’y habituer, voire y prendre goût.

L’auteur de l’article explique également que les éditeurs numériques et les « librairies numériques » s’en sortent grâce au « long tail », un principe par lequel le fait de pouvoir rejoindre énormément de monde permet de vendre des articles utra-spécialisés à haut prix à un très petit nombre d’intéressés. La technique marche, à condition d’avoir assez de ces articles ultra-spécialisés pour que, tous mis ensemble, ça puisse équivaloir à la vente d’un gros best-seller. Par contre, chaque auteur de ces livres, de manière individuelle, ne recevra qu’un chèque risible de droits d’auteurs.

 

Si l’auteur ne peut vivre de ses droits ni en vendant des millions de livres à 10 cents, ni en vendant 10 livres à 100 dollars, quelles sont ses autres options? Selon l’article du Guardian : un salaire lui permettant de subvenir à ses besoins, quel que soit le chiffre de vente des livres.

Quelques réflexions sur l’idée de l’auteur salarié:

  •  – Tout d’abord, la source d’un tel salaire? Les super éditeurs (à la Google Books) pourraient certainement se permettre de payer un tel salaire à certains auteurs en échange d’une plus grande part sur leurs livres. Sinon, ce serait plutôt des subventions gouvernementales, ce que nous avons déjà ici, et qui ne fait pas vivre grand monde!

  •  – Quel est le prix caché d’un salaire? La censure, certainement, possiblement même une imposition des sujets, et, ne soyons pas étonné : l’apparition du positionnement de produit dans les livres!

  •  – Est-ce qu’une commande à un « employé » peut devenir un livre à succès? Absolument! Il n’y a qu’à regarder du côté de Géronimo Stilton pour voir qu’un auteur unique et dédié à son œuvre n’est pas nécessaire pour l’obtention d’un succès. Bien au contraire, des équipes de type « sweatshop » seraient possiblement plus appropriées au rythme de publication parfois nécessaire pour la création d’un tel succès, surtout dans le secteur jeunesse. Évidemment, je ne parle ici que de « quantité »!

  • – La stabilité d’un salaire permettrait à des auteurs de se consacrer à leur œuvre à temps plein. On ne peut pas dire que ce ne soit pas attrayant…
  • – Mais l’absence de partage de risque, veut habituellement également dire une absence de partage des bénéfices dans le cas d’un succès énorme. C’est un pensez-y-bien!

La question se pose : échangeriez-vous vos droits d’auteurs contre un salaire?

 

Ma tentative, complètement ratée, d’écrire sans plan

La semaine dernière, je me suis lancée dans ma nouvelle série pour la Courte Échelle. Moi qui aie toujours fonctionné avec un plan listant le contenu de chaque chapitre,  j’avais décidé de laisser une plus grande liberté à mon imagination an tentant d’écrire au fur et à mesure, avec comme guide mes seules notes mentales sur le déroulement général de mon histoire. Après tout, je m’enlignais pour une histoire plus simple et avec beaucoup moins de personnages que pour un Terra Incognita. Cette même semaine, Édith Kabuya (Lunatic Extraordinaire)  écrivait justement un billet sur son plaisir d’écrire sans plan. L’expérience valait donc une tentative…

… et n’a résulté qu’en un échec!

Après une trentaine de pages, j’ai dû constater que mon histoire s’enlignait pour être :

1-      Trop courte

2-      Trop linéaire

3-      Trop plate!

J’ai donc pris la matinée de vendredi pour écrire un plan! Ah! Ça va beaucoup mieux! J’ai maintenant des histoires secondaires et tertiaires à intercaler entre les chapitres du récit principal, je contrôle mieux le rythme des scènes d’action versus les scènes relationnelles, j’augmente le suspense en coupant certains chapitres juste au moment où tout va mal, j’ai maintenant assez de matériel pour atteindre les 75 à 90 pages prévues avec un récit dense de et sans remplissage inutile bref, TOUT VA BIEN!

Il faut croire que je suis moins aventurière que mes personnages; j’aime savoir exactement où je m’en vais!

 

 

Grande annonce : je signe chez la Courte Échelle!

Je vous avais glissé un mot de la rencontre avec l’éditrice mais j’ai eu cette semaine la permission d’en dévoiler un peu plus!

La Courte Échelle a accepté mon nouveau projet de série. Il s’agira d’une série de romans d’aventure pour les 9-11 ans. Environ huit tomes sont prévus! J’avais déjà également glissé un mot sur la petite place spéciale qu’il y a dans mon cœur pour cette maison d’édition! Il faut dire que, dans ma jeunesse, la Courte Échelle était presque la seule maison d’édition à faire du jeunesse québécois. Ou du moins la seule dont les enfants retenaient le nom!

Nul besoin de dire que j’en suis très excitée!

Quelques significations intéressantes de cette nouvelle :

  • – Le porte-à-porte au Salon du livre de Montréal continue de porter ses fruits, puisque c’est là que le contact avec l’éditrice jeunesse de la Courte Échelle s’est établi
  • – Par extrapolation, les médias sociaux sont fort utiles, puisque c’est grâce à un contact virtuel que j’ai obtenu la rencontre au Salon du Livre.
  • – Il est absolument possible de trouver un éditeur sans avoir un manuscrit complet!
  • – À partir de 2012, je devrais réussir à publier entre 3 et 5 livres par année, le chiffre nécessaire selon moi pour réussir à vivre de l’écriture jeunesse au Québec.

Et dire que, à huit mois de grossesse, je n’ai même pas le droit de sabrer le champagne! Quelle perte!

L’évolution de l’imagination.


 Dans un récent billet, l’auteure Marie Potvin, exprime que, avant d’écrire elle-même, elle se demandait « comment une histoire aussi longue pouvait bien prendre forme dans l’imagination de l’auteur ».  Le questionnement a résonné dans mon esprit, puisque j’ai vécu quelque chose de similaire dans les dernières années. Je m’explique.

 

Ma première série, Terra Incognita, présente une suite d’histoires indépendantes. Tout en écrivant les premiers tomes, je m’extasiais de la capacité d’auteurs comme J.K. Rowling de pouvoir étaler les aventures de leurs personnages sur plusieurs livres. « J’en serais incapable », pensais-je.

 

Pourtant, mon prochain projet sera une série tout ce qu’il y a de plus épique! Étalée sur au moins 8 volumes, l’aventure se poursuivra d’un livre à l’autre. Non seulement j’ai déjà en tête une bonne idée de ce qui se passera dans chacun de ces recueils, mais certaines scènes des quatre premiers livres sont déjà claires à mon esprit.  Non seulement cette chose qui semblait impossible est-elle désormais à ma portée, mais elle me vient de manière toute naturelle, sans forcer.

 

Cette réalisation est presque enivrante! Qui sait quelles autres fausses limites mon cerveau décidera de défoncer la prochaine fois!

 

Quand faire la fête?

 

Une question récente posée entre écrivains demandait si nous avions des rituels pour célébrer à la fin d’un livre. Pour moi, la question devait plutôt être « quand » célébrer la fin d’un livre!

 

À la fin d’un premier jet?

Bien que ce moment soit agréable, ça me semble prématuré! Après tout, il n’y a que la moitié du travail de fait! Il faut encore relire et réviser avant même de considérer le faire lire par qui que ce soit d’autre! Je rêve bien de célébrer la fin du premier jet par une journée de congé, mais rendu à ce moment, j’ai habituellement tellement d’autres choses en retard (qui ont été repoussées pour que je puisse terminer le premier jet en question), que la journée de congé en question devient difficile à prendre!

 

Lors de l’envoi à l’éditrice?

Là encore, l’envoi ne signifie que « plus de travail » qui s’en vient. Sans compter de l’angoisse du « et si elle ne l’acceptait pas », qui est encore pire si le manuscrit n’est attendu par personne et qu’il part simplement à la chasse à l’éditeur dans ses petites enveloppes jaunes.

 

À l’appel d’un nouvel éditeur?

C’est certainement un des plus beaux moments d’euphorie de tout le processus! Mais tant que le contrat n’est pas signé, fêter serait vendre la fameuse peau de l’ours!

 

À la signature du contrat?

Cette signature est bien souvent anticlimatique : on reçoit la paperasse par la poste, on signe seul chez soi entre deux chapitres, on renvoie de nouveau.  C’est un peu comme le test de grossesse. L’ampleur du moment nécessiterait trompettes et clairons, mais on n’a qu’une petite ligne bleue aperçu dans une salle de bain. On m’a promis, pour le prochain contrat, une signature en personne, dans les bureaux, avec présentation de l’équipe et tout. Ça sonne déjà mieux!

 

Lors de l’envoi à l’imprimeur?

Pas trop mal comme option, après tout, le travail sur le livre lui-même est alors terminé. On ne peut plus y changer la moindre virgule. C’est un moment de « alea jacta est »! En plus, selon un de mes contrats, l’envoi à l’imprimeur sera le moment ou je reçois mes avances! Le problème? C’est que, rendue là, je suis habituellement déjà « passée à autre chose ». La suite est déjà écrite,

 

Lors du lancement?

Le lancement est souvent bien près du moment où l’on voit notre livre pour la première fois. Un grand moment de bonheur et de « concret » s’il en est un. Le premier lancement est certainement une fête, mais lorsqu’on publie 5 livres par année, on ne peut demander aux amis d’être enthousiastes à chaque fois. Le lancement peut donc se transformer en événement plus marketing que personnel.

 

Lors de la réception des droits d’auteurs?

Les droits d’auteurs arrivent si longtemps après la parution du livre que j’aurais l’impression de fêter en retard. De plus, le montant, même lorsqu’il est satisfaisant, est bien souvent un rappel, d’à quel point nous faisons un métier de « crève faim ». J’en ai reçu un pas plus tard que cette semaine, d’exactement la somme nécessaire pour me faire vivre durant un mois. J’aurais bien envie de me gâter un peu… mais encore plus envie de prendre ce mois déjà financé pour écrire! Donc, je serai sage.

 

Bref, les événements ne manquent pas autour d’un livre, c’est peut-être moi qui ne suis pas de nature assez fêtarde pour savoir saisir l’occasion. Une chose est certaine, le jour où je reçois un chèque de droits d’auteurs dans les cinq chiffres, je vous paye tous un verre!