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Extrait des Chroniques post-apocalyptiques d’un garçon perdu

Moins de trois semaines avant la sortie du troisième tome des Chroniques post-apocalyptiques, prévu en librairie le 23 mars. Je vous avais dévoilé la couverture il y a quelques semaines, j’ai pensé qu’il serait temps de vous permettre de rencontrer le nouveau personnage principal : Hatim.

Voici les deux premières pages de son récit :

 

Dix septembre
Montréal, Parc-Extension 

Le soir est tombé, et, avec lui,
toute la fraîcheur dont septembre est capable.
Recroquevillé sur le plancher d’un dépanneur
de la rue Jean-Talon, Hatim a froid.
Il rentre ses bras à l’intérieur de son hoodie
et cache ses mains sous ses aisselles pour les
réchauffer, pour ne plus voir leur tremblement.
Il y a deux jours qu’il n’a rien consommé d’enivrant.
Que de la nourriture et de l’eau.
Son corps est en manque, son esprit aussi.

Affronter Montréal en ruine
est plus difficile seul qu’à plusieurs.
Il a laissé une gang derrière lui. Un chef, des amis.
Des gens avec qui il était facile
d’oublier les tracas, les remords, les regrets.
Il est tenté de retourner auprès d’eux.
De s’engourdir les sens à nouveau.

À côté de l’étalage des bonbons,
la silhouette de son frère apparaît.
Yosrie, avec les mêmes cheveux noirs bouclés que lui,
la même fossette dans la joue droite lorsqu’il sourit.
Le garçon est en pyjama et demande :

« Lis-moi une histoire ! »

Comme il le faisait tous les soirs, dans leur vie d’avant.
Les deux garçons se collaient alors l’un contre l’autre
pour partager une aventure, une leçon, une rigolade.
Petit havre de douceur dans la vie de l’adolescent.

Les mains toujours tremblantes,
Hatim s’enfouit le visage dans le capuchon de son hoodie
et se raccroche à ce souvenir pour ne pas sombrer,
pour ne plus avoir froid.

Et, surtout, pour ne pas penser
au fait qu’il est seul dans le dépanneur.

Découvrez un extrait plus long par ici! 

Les trous noirs à temps

Je le dis souvent : le plus difficile, dans le métier d’auteur, c’est la discipline! Des délais à très longs termes, parfois même aucune date de tombée officielle, et personne pour regarder par-dessus notre épaule.

Nous sommes les seuls maîtres de notre productivité… et l’internet n’est pas notre allié!

Depuis le début de l’année, sorte de résolution de Nouvel An, je tente de faire la guerre aux liens chronophages, appelés des « time wasters » en anglais. Vous les connaissez : ces pages qui listent des choses pas tout à fait dignes d’intérêt, mais pas assez ennuyeuses pour regarder ailleurs non plus. Les tweets les plus drôles de la semaine, les photos prises juste au bon moment, les histoires de revanche entre voisins, les astuces ménagères qui changeront votre vie, les réponses les plus audacieuses rencontrées par des professeurs, les secrets cachés dans tel film, etc.!

On clique, dans un moment de faiblesse, en se disant que ça ne prendra qu’une trentaine de secondes et que, de toute manière, on est bloqué sur notre chapitre. On y perd finalement d’interminables minutes sans pour autant régler notre problème de manque d’inspiration. Le pire, c’est qu’il suffit de cliquer sur un seul de ces liens pour que notre fil d’actualité se retrouve inondé de publications semblables.

Il fut un temps où, si mon écriture n’avançait pas à mon goût, je fermais le Wifi pour mettre fin à cette tentation. Avec mon mari qui télétravaille, ce n’est plus une option. Je tente donc simplement de résister au meilleur de mes capacités et de bloquer les liens suggérés pour nettoyer mon fil d’actualité Facebook.

Il y a des jours où ça va…  mais quand la fatigue ou le manque d’inspiration embarque, la discipline vacille.

Je suis mon pire ennemi.

Pétronille s’envole pour l’Europe!

Ma série Pétronille Inc. a des ailes! Alors que le tome 5 a été envoyé à Boum pour les illustrations, voilà que le tome 1 a été sélectionné par les Éditions Kennes pour une publication en Europe!

Illustration de Boum pour le tome 2 de Pétronille inc.

Le premier Tome sera publié au mois d’août, avec la couverture et les illustrations originales de Boum!

Entre La promesse du fleuve publié directement en France chez Castlemore et mes deux albums aux 400 coups*, qui se distribuent eux-mêmes outremer, ce sera mon 4e livre à traverser l’Atlantique… mais le premier à le faire de la manière la plus traditionnelle.

On croise les doigts pour que l’engouement soit suffisant pour que tous les tomes de la série s’y retrouvent!

*: soit La légende de Paul Thibault, et De la beauté.

Petits bonheurs de l’auteur jeunesse

C’est l’hiver, il fait gris, les journées sont courtes, il faut trouver le positif là où on peut! Voici donc, dans le désordre, une liste des petits bonheurs de l’écrivain jeunesse! Je pensais en écrire dix, mais je me suis laissée emporter. Il faut croire que j’aime mon métier!

  • Recevoir sa boîte de livres!
  • Tomber dans cet état de concentration par lequel plus rien d’autre que l’écriture n’existe.
  • Voir les premières esquisses des dessins (intérieurs ou couverture).
  • Se faire dire que notre livre est le premier qu’a dévoré un lecteur réticent.
  • Recevoir un petit commentaire positif de son éditeur, à travers la longue liste des suggestions d’améliorations en direction littéraire.
  • Ajouter un détail pour mener les lecteurs sur une fausse piste (plaisir sadique!)
  • Voir notre livre en librairie. Mieux encore, dans les mains d’un lecteur.
  • Transformer la version 0 en version 1 parce qu’elle est prête à être envoyée à l’éditeur
  • Apprendre qu’un de nos ami/complice/collègue préféré fait partie de la même tournée scolaire que nous!
  • Se relire et trouver une phrase qui nous plait particulièrement.
  • Ne pas avoir le temps de s’ennuyer durant un Salon du livre.
  • Lire mention de notre nom sur un média social… par quelqu’un qu’on ne connait pas du tout.
  • Trouver le dernier morceau du puzzle de son histoire, celui qui relie toutes les idées ensemble de manière cohérente.
  • Vivre un contact particulièrement fort avec une classe en animation.
  • Écrire une scène qui nous touche nous-mêmes, nous fait pleurer, nous fait rire.
  • Signer un exemplaire très usé, amené spécialement de la maison par un lecteur

Atteindre mon salaire d’employée

C’est une publication Facebook que je me souviens avoir vu passer, écrite par Alain M. Bergeron. Il disait avoir atteint, après des années comme auteur jeunesse, le même salaire qu’il faisait comme journaliste avant de changer de carrière.

C’est mon tour!

J’ai compilé mes revenus de l’année dernière pour préparer ma paperasse de TPS/TVQ, et j’ai finalement atteint le salaire que je faisais lorsque je travaillais à temps plein dans un studio de jeux vidéo.

Droits d’auteurs + animations scolaires + contrats très occasionnels.

Ça m’aura pris 15 ans!

15 années de travail autonome à vivre de ma passion, à un rythme qui m’a permis de conjuguer travail et famille selon mes désirs.

Très fière de moi, zéro regret, aucun plan autre que de continuer.

Les petits mystères à l’école:  trois envies d’un coup! 

La semaine dernière, j’ai remis une nouvelle littéraire à Richard Migneault, qui dirige les recueils Les mystères à l’école, et Les petits mystères à l’école chez Druide. Ce petit texte de 2000 mots m’a permis de remplir trois désirs de longue date!

Désir #1: Le narrateur témoin
Depuis que j’ai lu Le joueur d’échecs (Stefan Zweig), j’ai cette envie d’un narrateur qui serait participant… mais non le protagoniste. À la manière du Watson de Sherlock Holmes, ou du Sancho Pança de Don Quichotte. J’en avait d’ailleur parlé dans un billet il y a quelques mois.

Désir #2: Revisiter l’univers du Gardien des soirs de bridge
Puisque la série est chez Druide, qui publie également le recueil de nouvelles, j’ai facilement eu le feu vert pour situer la nouvelle dans l’univers de cette série! Quel plaisir qu’avoir à nouveau le professeur Habbitrøle à l’esprit, même si ce n’est que pour une courte aventure.

Désir #3: Faire plaisir aux élèves d’une classe! 
Et finalement, j’ai pu utiliser des noms que des élèves m’avaient confiés! C’était à la fin d’une animation scolaire. Un élève m’a demandé d’utiliser son nom dans un roman. Je lui ai dit de l’écrire sur un bout de papier, et de le mettre dans mon sac. Vous vous en doutez, c’est bientôt 20 noms qui s’y sont accumulés! Et si je n’en ait utilisé qu’une petite partie, tirée au hasard, j’ai un peu l’impression d’avoir tenu une promesse non dite.

Il me reste à voir ce que Richard Migneault en pense! Surtout, j’ai hâte de lire les autres nouvelles, écrites par mes collègues, qui se retrouveront dans le même livre!

Collaboratrice : La ville et les nuages

Je vous ai dit que je publiais au printemps un album aux 400 coups. Je vous présente ici l’illustratrice qui a travaillé dessus : La ville et les nuages. Notez que toutes les illustrions ci-dessous ne sont pas celle du livre (ça viendra plus tard) mais ont été prises de son porte-folio en ligne. Je vous invite à le visiter!

C’est l’éditrice qui m’a proposé La ville et les nuages, entre autres parce que sa représentation très stylisée des corps humains collait bien au propos de mon texte sur la beauté. On aimait beaucoup aussi le fait que ses dessins puissent plaire autant aux plus jeunes qu’aux adolescents, chose rare. Finalement elle a un style très personnel, reconnaissable au premier coup d’œil, et c’est sans doute ce que j’aime le plus chez n’importe quel illustrateur.

Je vous montre la page couverture dès que j’en ai l’autorisation!

 

 

Prédictions 2022

Fini la nostalgie de l’année qui se termine, il est temps de se retrousser les manches et de regarder ce qui s’en vient!

Publications prévues
Cinq publications, si tout va bien!! Un retard est si vite arrivé que je crierai victoire lorsque tout sera sorti, mais quand même!

Printemps :

Automne :

Bref, deux suites très attendues, une nouvelle série et deux albums! Plutôt excitant, tout ça !! Ajoutez une collaboration à un collectif et une autre avec le magazine Les Débrouillards et je crois que 2022 s’enligne pour être ma plus grosse année de publication jusqu’à maintenant!

Manuscrits à écrire :
C’est ce qui m’inquiète un peu plus, puisque ça me semblait déjà serré avec toutes mes animations scolaires, et que le retour de l’école à la maison n’arrangera pas les choses! Je pars d’ailleurs en retard de quelques jours, puisque j’aurais aimé écrire le premier item de la liste avant les Fêtes et que la pandémie m’en a empêchée (cas COVID dans le groupe de dîner de ma plus jeune).

  • Nouvelle littéraire pour collectif (2-3 jours)
  • T.2 de mon Magical girl (3 mois)
  • T.2 des Abysses (roman assez substantiel dont je vous ai très peu parlé!) (6 mois)
  • T.6 de Pétronille (1 mois)

Ajoutez à ça m’a quasi-incapacité à écrire l’été (2 mois), ainsi que le retravail à faire sur les Cartes postales et je suis possiblement dans le trouble! La discipline devra être au rendez-vous!!

J’ai bien peur que ma résolution de 2022 soit obligée d’être « moins de Facebook, plus d’écriture » !!!  Je tiens combien de temps, vous pensez?