Tous les articles par Annie Bacon

À Vancouver, juste parce que!

Il fut un temps où j’acceptais les tournées scolaires un peu plus loin de chez moi pour des raisons monétaires. Ces dernières m’assuraient quelques journées d’animations, soit un supplément de revenu plutôt bienvenu. Je suis allée dans les Maritimes, à Gatineau, sur la Côte-Nord, et j’en passe. 

Depuis la pandémie, mon calendrier d’animations se remplit avec les écoles de Montréal et de ses environs. Je dois moi-même choisir le nombre de journées que j’y consacre, et refuser les demandes supplémentaires. Dans la foulée, j’ai arrêté les tournées en régions. Pourquoi en faire, alors qu’elles sont beaucoup plus compliquées pour ma gestion familiale, et que plusieurs offrent des tarifs bien en dessous de celui des animations standards (pas toutes, mais certaines!). Il y a la question écologique, aussi. Bref, tout mon rationnel me disait que c’était la bonne décision. 

Mais voilà, ça me manquait. 

Aller rencontrer des jeunes de partout, voir de nouveaux paysages, me sortir de ma routine, reste un des côtés fantastiques de mon métier. J’ai vécu certains de mes plus beaux souvenirs d’autrice durant ces tournées. 

Alors, cette semaine, je suis à Vancouver (plus précisément à Coqulitam), pour la simple raison qu’on m’y a offert une tournée et que j’ai été prise d’une grande envie d’y aller! 

Je n’ai pu trouver aucune autre raison valable que “ça me tente”. Il faut croire que, parfois, c’est une raison suffisante. 

La dictée P.G.L.

Avoir les Éditions Druide comme éditeur donne parfois accès à de drôles de choses, comme une conversation avec Bertrand Gauthier et Louise Portal, la présence de certaines phrases de tes romans dans Antidote, et une version gratuite du logiciel en question.

Dans les derniers mois, ils m’ont offert une opportunité un peu spéciale : ils m’ont demandé d’écrire le texte de la grande finale du primaire de la dictée P.G.L.

Pour ceux qui ne connaissent pas l’événement, il s’agit d’un grand concours d’orthographe organisé à travers la francophonie par la Fondation Paul Gérin-Lajoie. Les écoles participantes choisissent un seul élève qui participera à la finale régionale, et les gagnants de ces régions se retrouvent à la grande finale à l’UQAM. On y trouve des jeunes de partout au Canada, et même du Sénégal, du Maroc et de la Côte d’Ivoire.

La dictée a été télévisée et est disponible sur YouTube! Si vous voulez vous y essayer, cliquez le lien ci-dessous.

Le ministre Bernard Drainville lit la dictée à partir de la 42ème minute, et le corrigé de l’équipe d’Antidote devrait apparaître sur le site de la fondation au courant de la journée.

Sachez que la grande gagnante a fait un sans-faute!

À vos crayons, et bonne chance!

L’Eurovision, la déception, la société et moi.

Je suis une grande amatrice du concours de chants Eurovision, que nous écoutons en famille depuis maintenant cinq ans, soit depuis l’année où l’Israël a gagné avec la chanson « Toy » de la chanteuse Netta.

samedi dernier, c’est la Suède qui a gagné, mais je n’ai pas envie de parler de victoire. J’ai envie de parler de défait, de déception, et surtout du regard de la société sur ces choses… même pour les auteurs.

Cette année, la France était représentée par une Québécoise appelée La Zarra pour le concours Eurovision. Après s’être fait dire par tous qu’elle avait de fortes chances de se classer parmi les cinq premières positions (avec raison, sa chanson était excellente!!), elle s’est plutôt retrouvée au 16e rang. On l’a alors vu faire un geste de déception, soit un toz qui ressemble à une version élégante d’un doigt d’honneur, puis quitter prestement les lieux.

Évidemment, les réseaux sociaux se sont emparés de ces infos. Tout Twitter ne parlait plus que de ça. Ça m’a rappelé comment les caméras scrutent les visages de candidats perdants aux oscars, à la recherche de la moindre moue. Ça m’a rappelé surtout comment moi-même, déçue que La Légende de Paul Thibault n’ait été en nomination pour aucuns prix lors de la saison 2021-2022, n’ai pas osé en parler sur les médias sociaux ni sur ce blogue, dans lequel je partage pourtant volontairement mes moins bons coups.

Conclusion : ce n’est pas honteux de perdre, mais c’est honteux d’être déçu, une émotion pourtant tout à fait normale. Je ne suis pas certaine de ce que cela dit sur notre société.

Pour balancer les choses, je vous avoue donc finalement ma déception que La légende de Paul Thibault n’ait remporté aucune nomination. Je trouvais que c’était un album spécial, pour l’écriture duquel je m’étais surpassée. Je sais très bien que ces reconnaissances ne sont pas nécessaires à la vie du livre… mais je suis déçue quand même, na!

Voilà, c’est dit.

Le problème avec les bonnes lectures…

Dans les derniers mois, j’ai eu droit à des recommandations de lectures de deux véritables expertes en littérature jeunesse, soit Sophie Gagnon (de Sophielit.ca) et Catherine Chiasson (de la librairie Le Renard Perché). Les deux ont des goûts impeccables et connaissent mes préférences, j’ai donc eu le plaisir de lire plusieurs livres jeunesse d’une qualité exceptionnelle les uns à la suite des autres. Les voici:

Vous direz : quelle chance, c’est merveilleux!

Il est vrai que lire un ou deux très bons livres est excellent pour l’inspiration et la motivation d’un auteur. On remarque que les personnages sont mieux bâtis que les nôtres ou encore que les mondes sont originaux et on se dit qu’on devrait faire attention à ces aspects pour notre prochain roman.

Mais en lire plusieurs, c’est angoissant. On se compare, on se dit soudain qu’on n’y arrivera jamais et le syndrome de l’imposteur, pourtant tenu efficacement à distance ces derniers temps, revient au galop!

C’est là que je suis rendue cette semaine, alors que je retravaille le deuxième tome de Les Abysses : j’angoisse de ne pas être à la hauteur des auteurs que je lis.

Ça se fait, vous pensez, demander des suggestions de mauvais livres? Il me semble que ça me ferait du bien!

Mes grandes obsessions Webtoon! 

Je dois l’avouer: j’adore l’application Webtoon qui me permet de lire des bandes dessinées en rafale sur mon téléphone. Ce que j’aime le plus? La possibilité, d’un clic, d’acheter la suite et de continuer sur ma lancée. Passer des heures dans le même univers, c’est un de mes plus grand plaisir de lectrice de bande dessinée. 

Ma première obsession Webtoon était Space Boy, recommandé par Julie Champagne, et ma toute nouvelle s’appelle Hooky. Dans les deux cas, l’histoire allie une grande aventure qui devient de plus en plus épique au fil des épisodes à un peu de romance. 

Space boy fait plutôt dans la science fiction, avec une station spatiale minière, une terre futuriste, des androïdes et un grand complot mené par une compagnie d’exploration spatiale. 

Hooky présente mon genre de fantasy, avec un grand conflit entre les sorcières et les humains, des sorts, des malédictions, des dragons et même quelques incartades du côté des contes classiques! 

Dans les deux cas, du pur bonheur garanti, qui croît avec l’usage. Je ne suis pas certaine que les versions françaises existent sur l’application numérique, mais les deux histoires sont  disponibles en français en livres papier (juillet prochain pour Hooky). Ce sont d’ailleurs les couvertures de ces versions qui ornent le présent billet!   

Gâtez-vous, vous ne le regretterez pas!!

 

Chercher l’inspiration à une foire d’art contemporain

En fin de semaine, c’était la foire Plural dans laquelle plusieurs galéristes canadiens affichent les œuvres les plus intéressantes de leur collection. Ce n’est pas la première fois que je vous parle d’art contemporain, une des sources d’inspiration de mon imaginaire. Voyons les œuvres qui m’ont marquées cette fois-ci!

Premier coup de coeur pour cette figurine de Casimir Ernest Gasser, intitulée « Pack Animal » (2023). J’adore les personnages, et celui-ci m’est tombé dans l’oeil. Il me donne des envies d’histoires de vilains petits canards, version dromadaire! 

 

Parlant de personnages, il y avait ce portrait de Travis Louis, un artiste duquel j’ai un imprimé à la maison et que je suis depuis longtemps sur les médias sociaux. Le tableau était hors de mon budget, mais j’étais bien contente de pouvoir contempler une de ses œuvres originales pour la première fois. 

Certaines œuvres m’inspirent des paysages merveilleux, comme par exemple cette œuvre d’Erin Vincent faite entièrement de feuilles de papier roulées et qui ressemble à un corail sous-marin. 

Ou cette sculpture de Toni Losey qui semble avoir été cueillie à même le sol d’une lointaine planète. 

Certaines œuvres me touchent parce qu’elles me parlent de mon art à moi, comme les mitraillettes de Eric Nado, faites de morceaux de machine à écrire, qui semblent offrir une réinterprétation moderne de proverbe disant que le crayon est plus fort que l’épée. 

Et finalement, j’aime me promener dans les galeries d’art contemporains parce que certaines œuvres ouvrent de nouvelles portes dans notre cerveau. Par exemple, cette porcelaine de Livia Marin, qui m’offre une nouvelle manière de penser un objet du quotidien, et que j’aurais bien ramenée à la maison! 

Prix Bédélys jeunesse Québec

Je vous ai déjà parlé de mon amour des participations à un jury,  et cette année j’ai été bien gâtée en étant sélectionnée pour faire partie de celui des prix Bédélys jeunesse Québec qui devait choisir 5 finalistes et un lauréat parmi une trentaine de bandes dessinées québécoises destinées aux 14 ans et moins.

Les finalistes, que voici, ont étés dévoilés il y a quelques semaines!

Je dois avouer que la qualité et la créativité de ces cinq titres m’a impressionnée! On peut être fiers de notre production québécoise en bande dessinée jeunesse, il y a vraiment du haut calibre!

Je vous invite d’ailleurs à les lire tous les cinq pour vous faire votre propre idée avant le grand dévoilement du lauréat lors du Festival BD de Montréal à la fin mai! Et si vous avez votre préféré, dites-le-moi, je suis curieuse (mais ne pourrai rien vous dire en retour, discrétion professionnelle oblige).

Dépoussiérer un procédé graphique

Avec Les Abysses, sorti la semaine dernière, je concrétise une envie graphique de longue date.

Je vous montre ici une page avec illustration. Que remarquez-vous?

Eh oui! Il y a une phrase tirée du texte sous chaque illustration. Dans ce cas-ci : « La tête de la pioche rencontre le roc et une large fissure zèbre soudain le mur du tunnel. »

C’est une touche nostalgique assumée. Je me rappelle, à l’âge de mes lecteurs, du plaisir que j’avais à lire ces phrases en feuilletant un livre avant de le choisir (ou non) pour prochaine lecture. C’est comme une bande-annonce contenue dans le livre lui-même, un amuse-bouche avant d’attaquer le plat principal. Une permission officielle de grappiller.

À mon souvenir, c’était le cas pour la collection « Bibliothèque du Chat perché » chez Flammarion, dont plusieurs lectures m’ont fortement marquée. Les comtesse de Ségur et les vieux livres des collections Bibliothèques verte et Bibliothèque rose, aussi, peut-être? Ma mémoire n’est pas très fiable.

J’ai été tout excitée, en recevant mes exemplaires d’auteur la semaine dernière, de constater que le processus fonctionne encore très bien! Qu’en pensez-vous?

Aperçu de « Les Abysses »

Je vous ai montré la couverture la semaine dernière; le premier tome de ma nouvelle série d’aventure pour les 10-14 ans sort dans les prochains jours. Il s’intitule Les Abysses T1 : La mine de lave et voici le résumé de l’histoire :

« Je ferais n’importe quoi, mais sortez-moi de ce pétrin ».

Ces mots, Gauthier les a pensés avec toute la force de son âme. Pour la suite, il a cru à la chance :  l’agent de sécurité qui lui courrait après a perdu sa trace et il s’est enfui du centre d’achat. La police n’a pas été appelée, ses parents n’ont pas su qu’il avait volé un sac de bonbon pour prouver aux amis de son frère qu’il n’est pas un lâche.

Pourtant, à son insu, un contrat s’est signé à son nom dans Les Abysses, où il découvrira que « n’importe quoi » est parfois un échange bien peu équitable.

Je vous offre également quelques illustrations intérieures faites par Mathieu Benoit pour vous donner une idée de l’ambiance et de l’univers que j’ai créé :

DÉVOILEMENT : Les Abysses

Dans deux semaines sortira mon dernier livre de la saison, mais non le moindre! Les Abysses, Tome 1: La mine, publié aux Éditions Druide. Ma troisième série chez cet éditeur.

C’est une nouvelle série d’aventure fantastique, ce que j’ai écrit de plus proche de Victor Cordi depuis la fin de cette série (mais en plus costaud, plutôt 3e cycle du primaire et secondaire 1). Et parlant de Victor Cordi, je retrouve Mathieu Benoit, qui avait si magistralement illustré la série! Voici d’ailleurs la page couverture qu’il a faite pour le premier tome :

Il y aura aussi des illustrations intérieures, que je vous dévoilerai, avec les grandes lignes de l’intrigue, la semaine prochaine!

Je dois faire vite, il sort le 4 avril!!! Ne ratez pas ça!