Archives mensuelles : mai 2013

De l’origine des idées et de mon admiration nouvelle pour Alan Snow

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Dans les classes, la question qu’il m’est le plus difficile de répondre, c’est « d’où te viennent tes idées ». Les idées sont des choses qui jaillissent, sans mécanique précise et sans recette secrète pour les faire mousser. Impossible de décrire le processus; un peu comme les souris d’Aristote, c’est de la « génération spontanée ». En fait, la seule bonne réponse entendue à ce sujet était celle de Stéphane Dompierre à l’époque où il était parrain du concours d’écriture de Radio-Canada : « Si tu es obligé de poser la question, c’est que tu n’es pas un auteur » (réponse qui, de toute évidence, ne m’est d’aucune utilité dans les écoles, puisque un peu trop bête-et-méchante pour mon public!).

Bref, je suis une génératrice d’idée, je n’en manque jamais, et je m’incline rarement devant l’imagination des autres. Devant leur verve, souvent, leurs talents de conteurs, parfois, mais au jeu de l’imagination, je ne crains pas grand monde! Lewis Carol, Roald Dahl, Claude Ponti, la liste est courte. Et voilà que la semaine dernière, un nom s’y est ajouté : Alan Snow.

ScreenHunter_01 May. 26 07.47Il est l’auteur des Chroniques de Pont-aux-rats, Ratbridge Chronicles de son nom anglophone original, et il a créé un univers tout à fait original! Des bricoleurs simples d’esprit s’y promènent dans des boites en carton, des braconniers organisent des chasses à court pour capturer des fromages sauvages, et les pirates se recyclent en buandiers offrant livraison à domicile. Chaque personnage est un petit bijou d’inventivité dans cet univers urbain aux facettes multiples.

Cerise sur le gâteau, Alan Snow illustre lui-même le tout, non, mais, c’est pas possible autant de talent dans une seule personne!

Je conseille donc ce livre à tous! Pour les jeunes lecteurs, vous pouvez feuilleter le premier chapitre pour voir le ratio texte-images, je le recommanderais personnellement à de bons lecteurs de 8 ans qui sont tannés de Géronimo.

Note : Si l’épaisseur du premier tome vous fait sourciller, c’est que l’édition française regroupe les quatre premiers livres en un seul recueil, ce qui transforme le tout en belle grosse brique!

De listes, de prix et du syndrome de l’imposteur!

illustration de Mirek 2 pour openclipartDeux bonnes nouvelles de suite! Est-ce que je peux vous avouer que je passe un très, très bon mois de mai!

La liste préliminaire des Prix des Libraires est sortie la semaine dernière et devinez qui se retrouve dans la catégorie Québec 5 à 11 ans ? Eh oui! Mon Victor!!!! J’en ai été excitée toute la semaine!

En plus, j’y suis listée en compagnie de grandes dames de la littérature jeunesse (et même de la littérature tout court) : Dominique Demers, Élisabeth Vonarburg et Lili Chartrand ! Quelles pointures!

Il y avait justement un article sur le fait de gagner un prix dans le dernier Lurelu. Le verdict de tous les anciens lauréats était le même : le plus gros avantage est que ça éloigne le syndrome de l’imposteur pour quelque temps!  C’est comme une grosse tape dans le dos qui fait fuir les doutes en te disant : ça va, tu es à ta place, tu fais du bon boulot!

Ça ne peut certainement pas nuire côté visibilité et côté crédibilité pour les ventes tant locales qu’à l’international non plus! Et comme je m’enligne pour une très longue série avec Victor, le moindre petit coup de pouce pour faire découvrir la série au plus de lecteurs possible est le bienvenu!

La prochaine étape sera le choix des nominés officiels, mais je dois vous avouer que cette simple présence en liste préliminaire me comble déjà de joie!

On se croise tout de même les doigts pour la suite!

Un magazine sur mesure!

illustration de Jammi Evil sur OpenclipartLorsque la relationniste de presse de la Courte Échelle m’a envoyé un courriel pour me dire qu’un magazine québécois désirait faire une entrevue de moi pour mes Victor Cordi, j’étais emballée! Les médias parlent lu le nom du magazine, j’ai vraiment jubilé! Le Coup de Pouce? Non! L’Actualité? Pffff! Le bibliothécaire futé? Ça n’existe même pas!

Mais non! C’est bien mieux que tout ça!

Petit roulement de tambour :

Les débrouillards!

Et pas n’importe laquelle, l’édition Juillet-Août, qui restera en kiosque tout l’été! J’en suis toute excitée car c’est le meilleur magazine possible pour mes Victor! Il s’adresse aux 9-11 ans, exactement le public de mes livres, et est lu par les garçons autant que les filles, encore une fois comme ma série. C’est un des rares médias qui se dirige directement dans les mains de mes lecteurs plutôt que dans celle des passeurs (parents, libraires, professeurs, etc).

Je vous en reparle lorsqu’il sera en kiosque!

Les débrouillards

Plagiat, air du temps, asymptotes et désespoir

Illustration de Merlin2525 sur openclipart.orgIl y a les grands cas connus (Robinson!) et donc de grandes preuves que ça existe, mais le plagiat ne fait pas partie de mes démons personnels. Je ne m’envoie pas mes manuscrits par la poste et ne m’empêche pas de raconter mes histoires et mes idées à mes amis. Je reste (naïvement, peut-être) convaincue que le plagiat reste marginal et garde une grande confiance en la bonté et la décence humaine.

Même lorsque mise devant des preuves assez tangibles de vol de mes idées, je laisse un bénéfice du doute. Je crois au hasard, aux coïncidences, et surtout à l’air du temps qui fait que les idées peuvent jaillir dans la tête de plusieurs créateurs en même temps.

Je ne crains pas le plagiat, mais je crains l’air du temps!

Je l’ai vécu il y a quelques années, alors que, six mois après avoir terminé un manuscrit d’album, j’ai vu ma fin, originale et émouvante, défiler devant mes yeux sur le grand écran dans Toys Story 3. Le manuscrit n’est pas complètement foutu pour autant, mais il a perdu de sa force. Tout manuscrit non-publié est à la merci d’une situation similaire.

Mon angoisse n’est jamais aussi forte qu’entre le moment où un manuscrit est terminé et sa publication. Et plus ce moment est long, plus je m’inquiète.

J’ai appris cette semaine que mon album pour Boomerang, écrit à l’été 2011, serait retardé jusqu’en 2014, en répercussion de la faillite de DLM.  L’attente m’avait déjà parue interminable jusqu’au printemps 2013, première date prévue. Je m’étais faite à l’idée pour septembre 2013, deuxième date prévue, puisque la raison du retard, soit que les vendeurs désiraient ce titre pour la rentrée littéraire, me semblait plutôt encourageante. Mais là… 2014, sans même une date précise à la clé!

Je suis dans tous mes états!

Les chances que personne n’exploite un univers semblable à celui de mon livre tendent de plus en plus vers le zéro. Je glisse sur  l’asymptote du désespoir!